La controverse autour de l’autorisation de l’Eastern Institute for Integrated Learning in Management University (Mauritius Branch Campus), qui empoisonne le secteur de l’enseignement supérieur depuis plusieurs années, a pris une nouvelle tournure depuis le début de la semaine. La University Grants Commission (UGC) de l’Inde a émis des injonctions réclamant la fermeture de ce campus à Ébène géré par le Jeetah Trust, composé des proches du ministre de l’Enseignement supérieur, Rajesh Jeetah, et de quatre autres instituts, dont la Visvesvaraya Technological University (VTU) opérant en collaboration avec la JSS Academy of Tecchnical Education. Le board de la Tertiairy Education Commission (TEC), qui s’est réuni en urgence en fi n de semaine, tente encore de se relever du tacle administré par l’UGC avec le missile du 6 septembre adressé au Vice-Chancelor de la EIILM University du Sikkim à cet effet. Entre-temps, des étudiants népalais, 35 au total, inscrits à des cours de Hospitality Management à Spherinity Ltd de Centre de Flacq, risquent la déportation pour avoir osé protester contre des manquements majeurs de la direction de cette institution enregistrée à la TEC.
La UGC de l’Inde n’est pas passée par quatre chemins pour exiger auprès de la maison mère de la EIILM University dans l’État de Sikkim la fermeture immédiate du campus à Ébène. Cette décision a été prise par les autorités indiennes parce qu’à ce stade la UGC n’a accordé aucune autorisation à des universités privées pour affi – lier des off-campus centres.
La UGC stipule de manière catégorique que “private universities cannot affi liate an institution/college. They cannot establish off-campus centres beyond the territorial jurisdiction of the concerned State. However, they can establish off-campus centres within the concerned State after their existence of fi ve years and with the prior approval of the University Grants Commission. So far UGC has not approved any off-campus centres of any private university.” Le message est des plus clairs pour la EIILM University (Mauritius Branch Campus) de même que les quatre autres instituts ciblés par la UGC.
D’ailleurs, la presse indienne de la fi n de semaine confi rmait le crackdown des autorités indiennes en citant le cas de la VTU. “Five universities from the country (India), including VTU, never took permission from the authorities, in this case, the all India Council of Technical Education (AICTE) to start the programmes”, note le Times of India dans son édition d’hier sous le titre “VTU’s Mauritius programme hits UGC turbulence”.
Jusqu’ici, la TEC se confi ne dans un silence accablant, au grand désespoir des parents d’étudiants suivant des cours sur ces différents campus en question. Les membres du conseil d’administration de la TEC, réunis vendredi, tentent d’élaborer un modus operandi en vue de sortir de cette crise susceptible de porter atteinte aux ambitions de Maurice de se transformer en un Knowledge Hub. L’une des options envisagées est d’amener l’UGC à adopter une plus grande fl exibilité par rapport à ces institutions après une période moratoire pour suivre les procédures.
Mais cette éventualité nécessitera des interventions de gouvernement à gouvernement entre Port-Louis et New-Delhi. Une première tentative entreprise le mois dernier par le haut commissaire de l’Inde, R. Seetharam, en sollicitant des éclaircissements du Higher Education Secretary à New- Delhi n’aurait pas donné les résultas escomptés. Pire, la UGC a cru nécessaire d’accentuer la pression avec la correspondance du 6 septembre pour souligner le fait que “the UGC has taken a serious view of the complete violation of UGC (Establishment of and Maintenance of Standards in Private Universities) Regulations, 2003 by the EIILM University.”
À Maurice, la EIILM University (Mauritius Branch Campus), par la voix de son directeur, Sunil Jeetah, ne cesse de répéter que les critères de la UGC ne concernent pas son institution opérant sous un accord de gouvernement à gouvernement. Mais pour l’étudiant inscrit à cette université, la question de la validité et de l’équivalence des diplômes sanctionnant des années d’études reste encore entier avec la prochaine prise de position de la TEC suivie avec un intérêt particulier peu importe si la UGC est “un bouledogue sans dents” (expression utilisée par Sunil Jeetah lors d’une rencontre avec les parents jeudi.
Sur le plan purement local, des étudiants népalais avaient fait le déplacement aux Casernes centrales hier matin en vue de consigner des dépositions contre la direction de Spherinity Ltd. où ils devaient suivre des cours en Hospitality Management. Une vingtaine d’entre eux ont déjà consigné leurs dépositions accusant la direction de cette institution d’enseignement supérieur installée à Flacq d’escroquerie alléguée. 15 autres ont pris rendez-vous pour un exercice similaire demain.
Le principal grief de ces Népalais, arrivés à Maurice il y a quatre mois, est qu’ils avaient payé la somme de 3 125 euros par étudiant pour des cours en Hospitality Management. Une fois à Maurice, vu que Spherinity Ltd. n’était pas enregistrée auprès de la TEC pour ces matières, ils ont dû se contenter des études en IT. Au départ, ils avaient obtenu l’assurance que l’enregistrement de la TEC interviendrait dans les meilleurs délais avec un shifting dans les cours.
Las d’avoir attendu pendant quatre mois, ces Népalais ont organisé des protestations au cours de la semaine dernière. Trois d’entre eux, qui ont été ciblés en tant que ringleaders, ont fait l’objet de mesures d’expulsion de l’institut. Une demande de déportation pèse sur eux à partir de 15 heures aujourd’hui. Des conseils légaux des étudiants étaient engagés dans des consultations hier après-midi en vue de décider de la marche à suivre sur ces trois cas jugés délicats avec le retrait de leurs visas de séjour.
Comme leurs compatriotes de Direction International Education Group (Mauritius) Ltd de Pamplemousses, ces étudiants veulent recouvrer leurs frais d’études avant de rentrer dans leur pays…