La présentation d’un Independent Rating System pour les universités locales par le directeur général de la Tertiary Education Commission, le Pr Ashok Bakhshi, ne fait pas l’unanimité parmi les responsables des institutions concernées. La séance de travail d’hier matin au QG de la TEC avec les représentants de l’Université de Maurice, de l’University of Technology Mauritius et de l’Open University a littéralement tourné en eau de boudin avec le No 1 de la TEC n’ayant nul autre choix que de faire machine arrière en exprimant le souhait de voir une autre institution prenant le relais, car la TEC ne détient pas le mandat nécessaire à cet effet.
Le premier point faible de l’Independent Rating System établi par le Pr Bakhshi est que ce travail n’a bénéficié d’aucune collaboration des membres du Top Management de la TEC. « Nous n’avons été nullement consultés sur ce projet et la question que nous nous posons est si la TEC est dotée de la compétence voulue pour entreprendre un tel exercice, susceptible d’influer sur la réputation internationale des universités mauriciennes. Nous nous demandons si le feu vert du Board de la TEC a été obtenu avant ce nouveau faux pas du directeur général », font comprendre des sources bien informées au sein du personnel de la TEC après la réunion d’hier matin.
Les recoupements d’informations effectués par Le Mauricien auprès de sources concordantes indiquent que les représentants participant aux discussions ont d’emblée remis en question la formule Bakhshi pour le classement des universités. L’Université des Mascareignes et le ministère de l’Enseignement supérieur n’étaient pas présents aux discussions d’hier matin.
L’une des premières objections formulées est que toutes les universités ne sont pas logées à la même enseigne que ce soit en termes de budgets ou encore de facilités (infrastructures et personnel académique). Ils ont soutenu que la proposition sur la table de discussions présente des désavantages énormes. L’un des points qui ont fait tiquer les universités locales est le poids accordé au Foreign Academic Staffing des institutions de même que le pourcentage d’étudiants étrangers inscrits dans les différents cours au programme d’études.
« La formule Bakhshi ne tient pas en ligne de compte la spécificité mauricienne de l’enseignement tertiaire. Plus le nombre de membres du personnel académique ou encore le pourcentage d’étudiants étrangers sont élevés, mieux est le classement de l’université dans l’Independent Rating System. Mais cette démarche est en nette contradiction avec la vision du gouvernement par rapport au projet de Knowledge Hub. Pour ce qui est du nombre d’étudiants étrangers, l’Open University part avec un avantage considérable. Through distance education, the sky is the limit », aurait-on fait comprendre au Pr Bakshi après son exposé.
Les autres lacunes du Bakhshi Rating System portent sur le fait que les filières scientifiques et sociales sont traitées au même pied d’égalité et aussi qu’il n’y a aucune différence entre la publication par les institutions de livres, de chapitres ou de monographies, indépendamment du niveau d’efforts requis dans chacun des cas.
Devant la levée de boucliers que la TEC ne peut mettre les universités devant un fait accompli avec le Rating System, le Pr Bakhshi n’a eu d’autre choix que de battre en retraite en concédant que la TEC ne dispose pas de l’expertise académique voulue pour mener une telle entreprise dans l’enseignement supérieur. Il devait ajouter qu’il a initié ce projet sous les instructions du ministère et que nulle autre autorité n’a revu la formule avant la présentation d’hier.