L’entraînement Perdrau tient en Black Tractor un petit bijou. Ce coursier ne cesse de monter en puissance et samedi dernier il a encore fait étalage de ses qualités en remportant sa troisième victoire avec beaucoup d’autorité. Une performance qui a beaucoup plu à son entourage, à tel point que Yannick Perdrau voit déjà en lui le digne successeur de Nordic Warrior. C’est dire l’estime que porte l’assistant-entraîneur pour ce coursier.
Si sa victoire était attendue, c’est le style dans lequel Black Tractor a mis ses adversaires dans le rouge qui a accroché. Pourtant, c’est la première fois qu’il se testait sur 1500m, une distance sur laquelle son entourage avait décidé de l’aligner après mûre réflexion « Quand on a un cheval pareil, ça facilite beaucoup le travail », reconnaît Yannick Perdrau. « C’était prévu qu’il coure les 1400m de la 15e journée, mais comme il avait très bien pris sa dernière course, on avait décidé de saisir notre chance le plus tôt possible. Après concertation, le jockey et moi sommes arrivés à la conclusion que les cent mètres additionnels ne devraient pas lui poser de problème. C’est un cheval qui sait courir. Il possède deux accélérations, ce qui est propre aux bons chevaux. Je pense que nous avons là un digne remplaçant de Nordic Warrior. »
Pour Raymond Danielson, la victoire ne pouvait échapper à Black Tractor dans cette 4e épreuve, surtout sur la base de sa dernière course qui l’avait vu atomiser l’opposition. « We came to the races with a lot of confidence. He was running practically against the same field and it was just a question of putting him in the right position in the race. For the rest, he did it all by himself », se félicite le jockey.
Avec trois victoires en six sorties, Black Tractor est appelé à prendre davantage du galon à l’avenir. Le parallèle que fait Yannick Perdrau avec Nordic Warrior tient parfaitement la route si on tient compte du fait que c’est un coursier qui n’a que quatre ans.
« Castle doesn’t like the whip »
Plus tôt dans la journée, l’entraînement Perdrau et son jockey avaient une belle carte à jouer avec Castle, qui était avide de revanche suite à sa défaite face à Dustan il y a quatre semaines. Alors qu’il faisait figure de vainqueur à mi-ligne droite, le fils de Lundy’s Liability devait “s’arrêter” dès qu’il mit le nez à la fenêtre. Il perdit même le bénéfice du premier accessit au profit d’Emaar. « He ran his usual honest race. He is a horse who is always right there but who lacks that little extra to tilt the balance in his favour. We just hope that he bags a win by the end of the season because he deserves it », explique un Raymond Danielson visiblement déçu. Il est d’avis que Castle n’aime peut-être pas la cravache. « Once you give him a few smacks, he starts slowing down. Personally if I could get the permission from the Stipes to ride him without the whip, it would be a good thing. »
Outre Black Tractor, la performance de Nordic Warrior a beaucoup plu à Raymond Danielson. Comme le faisait remarquer Yannick Perdrau, tout dépendrait de la capacité du jockey à s’adapter au cheval « car Nordic Warrior ne sait pas lâcher le mors. » Fidèle à son habitude, le fils de Captain Al bondit de sa stalle pour prendre la direction des opérations mais se montra, comme le craignait son entourage, très entreprenant dans la ligne d’en face. Cette débauche d’énergie fit qu’il n’eut pas de ressources pour contrer les attaques conjuguées d’Ernie et de Tandragee dans la dernière ligne droite. « He ran a very nice run. He is getting fitter now and most probably you’ll see the best of him next time », trouve la cravache sud-africaine.
À la question de savoir s’il peut mater les jeunes sprinters que sont Ernie et Executive Power, Raymond Danielson dira : « On his day, when he’s fit, he definitely can. But actually, he is making it hard for us as we can’t really ride him the way we want. With him, you go a little bit faster than you want to. But it takes what it takes. At his peak, yes he certainly can take them on. » Les turfistes ont intérêt à prendre bonne note.