L’entraîneur Alain Perdrau, malgré qu’il soit toujours en convalescence mais qui se déplace maintenant sans l’aide de béquilles, continue son petit bonhomme de chemin et a signé sa 11e victoire de la saison avec Golden Ball dans la course de clôture lors de la 15e journée.
Il faut aussi ajouter que cette 15e journée a été très agitée pour l’entraîneur et son entourage, car son jockey titulaire, Raymond Danielson allait être suspendu pour trois mois et voir sa licence être révoquée par les commissaires juste après la parution du programme officiel pour son implication dans l’affaire « Catamaran Party ». Et c’est à son deuxième jockey Kersley Ramsamy qu’ont été confiés Gimme Green et Schachar, alors que Golden Ball était piloté par Sunil Bussunt.
« C’est vrai qu’on a connu un moment difficile, mais on s’en sortira. Effectivement, les montes ont été confiées à Ramsamy, mais comme il était engagé sur Nadas dans la dernière course, c’est vers Bussunt qu’on s’est tourné. C’est un jockey qui nous donne un sacré coup de main pour l’entraînement de Nordic Warrior. C’est le seul qui ne grogne pas pour le piloter. Donc, on a voulu lui donner sa chance en lui confiant cette monte. On est très contents qu’il ait pu renouer avec le succès sur un de nos coursiers », admet l’assistant-entraîneur Yannick Perdrau.
Sentiment partagé pour Bussunt, qui avait connu sa première victoire 2017 lors de la première journée et dans l’épreuve d’ouverture avec Cape Horn. Il devait par la suite connaître une suspension de cinq semaines pour ses montes sur Unbriddled Joy et Tornado Man, avant d’être pénalisé à nouveau pour deux semaines sur Greatfiveeight. Le jockey mauricien, qui exerce sous la férule de Ramapatee Gujadhur, trouvait difficilement des montes depuis et n’en était qu’à 14 jusqu’à la 15e journée.
« C’est très difficile de nos jours pour nous, les jockeys mauriciens, de trouver de bonnes montes, car chaque entraîneur possède un jockey étranger. Comme chez Gujadhur où je suis affecté, il y a l’Australien Steven Arnold et on n’a pas un gros effectif. Donc, les montes se font rares. Et dès qu’on m’a approché pour piloter Golden Ball, j’ai saisi ma chance à deux mains, car c’est un coursier très régulier et qui avait une très bonne chance », confie Bussunt.
« J’ai alors commencé à faire mon homework et j’ai eu aussi des informations de Kersley Ramsamy qui avait triomphé avec lui. J’ai eu une course assez difficile, mais je n’ai pas paniqué. J’ai même dû affronter une réclamation du jockey Imran Chisty avant de crier victoire. Cela fait très plaisir de renouer avec le succès. J’en profite pour remercier Alain et Yannick Perdrau de m’avoir fait confiance, ainsi que les propriétaires. Cette victoire va me motiver davantage et j’espère qu’elle en appellera d’autres maintenant. »
Pour en revenir à Golden Ball, ce coursier en était à sa quatrième sortie au Champ de Mars. Il avait terminé à la deuxième place lors de ses débuts, lors de la journée inaugurale, avant d’ouvrir son compteur lors de la 4e journée. Le 17 juin, il devait terminer à la troisième place sur 1400m en C8. Samedi dernier, il a été exact au rendez-vous. « Effectivement, Golden Ball était notre meilleure chance sur le papier. Il a eu une course très dure, mais il a réussi à passer le but en premier malgré tout. C’est un jeune cheval qui a encore une bonne marge de progression. Selon moi, il gagnera encore des courses cette saison. Quant à Schachar, il a terminé à une honorable deuxième place derrière Pierneef et cela dans une classe supérieure. Pour sa part, Gimme Green est à revoir, car il vient d’être castré, alors qu’Act Of Valor trouve la compétition plus dure cette saison, n’ayant pas de course de 1000m pour lui », ajoute-t-il.
Avec une moyenne d’une victoire par journée, l’établissement Perdrau tire son épingle du jeu depuis l’arrivée du jockey Danielson, mais il faudra qu’il change son fusil d’épaule maintenant. « On n’est pas en présence de tous les développements à ce jour (ndlr : nardi dernier). Certainement, on fera avec les moyens du bord. De toute évidence, avec l’effectif qu’on a, on ne peut aspirer à mieux », estime Yannick Perdrau.