Après Ernie, c’est au tour d’Easy Lover de montrer toute l’étendue de son talent. Ce pensionnaire de Jean-Michel Henry, qui avait terminé deuxième dans la Duchesse, avait malheureusement contracté une fièvre il y a de cela trois semaines. Une nouvelle fois malchanceux dans la Coupe du Bicentenaire quand sa selle s’était déplacée, il a finalement conjuré le mauvais sort lors de cette 13e journée.
Cette victoire a fait très plaisir à Cédric Ségeon, qui tient ce cheval en haute estime. « Il avait fait une très bonne course dans la Duchesse malgré un mauvais numéro dans les boîtes. On savait que cela serait difficile, la course étant venue un peu vite. Après, il n’avait pas eu de courses pour lui ou elles étaient annulées quand il y en avait. On a dû être patients. J’avais entendu dire que le cheval avait eu un problème, mais c’était loin d’être le cas. Le seul problème qu’il a eu c’était une fièvre contractée la veille de sa course. Heureusement, cela a été pris à temps. La dernière fois qu’il avait couru avec Yashin Emamdee, sa selle avait glissé. On savait que sur une bonne distance et dans sa catégorie, il allait bien courir. ll a eu une course de rêve et il a pu suivre plus près que d’habitude et a bien accéléré en ligne droite comme le font les bons chevaux. Il a répondu présent et tout s’est passé comme sur des roulettes », souligne le jockey français.
Cet établissement compte maintenant quatre victoires. Après Right To Tango, Jay Jay’s Wild et Ernie, Easy Lover est venu s’ajouter à cette liste. « L’état-major de l’écurie m’avait dit que je devrais me montrer très patient car les vieux chevaux auraient beaucoup de mal, alors que les nouveaux allaient prendre du temps. Il avait raison et maintenant je crois que les nouveaux sont là et ils ne nous déçoivent pas. Je crois qu’il y en a quatre ou cinq qui sont arrivés dans le dernier contingent et qui seront prêts dans un petit mois. Donc, c’est de bon augure pour la fin de saison. »
Évoluant désormais sous la férule de Jean-Michel Henry, Cedric Ségeon laisse derrière lui deux belles aventures avec Ricky Maingard et Patrick Merven, dont la dernière a été gâchée par des problèmes avec les autorités. « Malgré tous les soucis que j’ai eus ici, j’ai toujours dit que j’étais heureux partout où j’ai monté, surtout chez Patrick Merven, où on était une très bonne équipe. D’ailleurs, j’aurais été encore là-bas si on ne m’avait mis des bâtons dans les roues. Il a fallu se battre, ces gens-là ont toujours étaient là pour moi, on a toujours eu une très bonne entente.  Moi, j’ai continué mon petit bonhomme de chemin en Inde et au Qatar ,et heureusement que j’ai eu Jean-Michel Henry et les propriétaires qui m’ont accueilli. Je fais le même travail que j’aurais fait chez quelqu’un d’autre », ajoute-t-il.
Un travail d’équipe
Cédric Ségeon nous a aussi parlé de son association avec Jean-Michel Henry, dont l’établissement est moins compétitif que Maingard ou autre Merven. « Gagner une course principale avec un petit établissement comme vous dites est une bonne chose car cela n’arrivera pas si souvent, mais on est contents d’être présents lors des grands rendez-vous. La dernière fois, on avait terminé deuxième dans la Duchesse. Ernie a gagné une course qui valait une épreuve principale. Le public doit comprendre que mon nom c’est Cedric Ségeon et pas David Copperfield. Je ne peux pas faire de la magie et remporter une victoire chaque journée. La preuve en est qu’avec Ernie et Easy Lover, on retrouve Cédric Ségeon qui monte avec confiance et qui sait qu’il a un bon cheval sous la main. Maintenant, quand on a des chevaux moins bons dans les classes inférieures, c’est beaucoup plus difficile pour moi. L’entourage est réaliste, quand il n’y en a pas, il n’y en a pas. La semaine dernière j’avais trois montes très difficiles. On travaille la main dans la main, avec les palefreniers, l’entraîneur et Jean-Roland Boutanive qui travaille avec moi le matin. On est une bonne équipe et pour l’instant ça se passe bien et j’espère que cela va durer », fait ressortir le cavalier français.
On a profité de l’occasion pour qu’il parle un peu plus de son chouchou Ernie et d’autres nouveaux qui ont du potentiel à première vue. « Ernie est un très bon cheval et  un très bon sprinter qui est très maniable, très facile, qui sort vite des boîtes, qui a du pas et un très bon finish. Je ne prends pas beaucoup de risques en disant qu’il peut rencontrer les meilleurs sprinters de l’île et qu’il pourra sortir la tête haute à chaque fois. Ernie n’a aucune chance de courir le Barbé, car ce n’est pas un cheval de 1600m. C’est un vrai sprinter, donc je ne pense pas qu’il va courir, même si ce n’est pas moi qui décide. Il y aura certainement Easy Lover ou Open Heir s’il ne court pas les Winter Stakes. Il y aura beaucoup de travail avec Oomph, les chevaux ne sont jamais faciles, surtout les jeunes de trois ans. Il est délicat mais il a de la qualité. Une fois qu’on aura réglé son problème de départ, il sera un tout autre cheval. Il a besoin d’un temps d’adaptation. »