L’entraînement Patrrick Merven retrouve des couleurs depuis l’arrivée du jockey indien Imran Chisty. En effet, depuis la 12e journée, le duo a récolté quatre victoires, soit une de plus que lorsque James Winks était titulaire. Ce qui fait dire à Camille Merven, l’assistant-entraîneur de l’établissement, que tout marche à merveille maintenant.
« Chisty est bien installé. Il a bien pris la relève de Winks qui avait plutôt la tête à la famille en Australie et cela se comprend. Chisty monte très bien et du moment que l’entraîneur est satisfait de lui, tout marche à merveille », souligne le fils de l’entraîneur Patrick Merven, qui voulait que Camille fasse autre chose que d’être dans l’univers des chevaux. « Mon père m’a conseillé de faire d’autres études. Mais je n’avais que cette idée en tête. Et quand j’ai moi-même entrepris toutes les démarches pour rejoindre la School Of Management Excellence à Summerhill en Afrique du Sud, il n’a pas voulu me contrarier. »
Nommé Stable Supervisor à Floréal puis assistant-entraîneur, Camille Merven est au four et au moulin, mais passe la plupart de son temps au Centre Guy Desmarais et c’est avec un très grand plaisir qu’il a accueilli les débuts victorieux de Nation Builder au Champ de Mars. « On pensait qu’il n’était pas assez fit pour courir et qu’il aurait eu besoin d’une course pour avoir une chance de victoire. Pour nous, il n’était pas à 100%. Mais il nous a démontré qu’il est un vrai cheval de course. Il a produit un superbe finish pour sa première course et c’est une très belle victoire. »
« C’est sûr que le train lui a grandement facilité les choses. Je n’ai pas trop bien compris la tactique, car c’est parti un peu plus vite. Lucky Valentine et Mystical Twilight se sont gênés à l’avant, alors que Psycho Syd n’était pas à l’aise. Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Nation Builder est venu battre tout le monde au finish. Bravo à Papa, bravo à Imran ! »
« Gagner d’entrée avec un nouveau ce n’est pas facile de nos jours et ce que Nation Builder a fait est super. Je pense que c’est un coursier prometteur qui va nous démontrer de belles choses, à moins que ce ne soit qu’une seule balle. Il y a des chevaux comme ça qui gagnent une fois et qui disparaissent de la circulation. Mais comme il n’était pas à 100%, j’ai l’impression qu’il en a encore sous les sabots », ajoute-t-il.
Alors que Nation Builder a impressionné d’entrée son monde, les deux autres nouveaux Gold Medallist et Jungle Path n’ont pas suivi la même voie. « Jungle Path est encore green. Il jouait dans le paddock. Il sort, il suit l’autre cheval qui est devant lui. Il n’a que 3 ans et a tout devant lui. Cette course va lui faire du bien. Quant à Gold Medallist, il était plus calme dans le paddock. Il est bien sorti des stalles, mais se montre lent par la suite. À 800 mètres, il se réveille pour terminer quatrième, non loin du troisième Swinging Captain, mais un peu loin du vainqueur Carleston Hero. C’est un coursier prometteur, car il connaît déjà son métier, même s’il a encore beaucoup à apprendre », analyse l’assistant-entraîneur
Si les nouveaux ont donné plus ou moins satisfaction à l’entourage de Merven, en revanche, le favori de la première course Seven League Boots n’a pas confirmé sa dernière victoire, mais Camille Merven est loin d’être déçu. « Je pense que Chisy a pris la bonne décision de réduire l’allure après 450m. On termine troisième, mais pas loin du vainqueur Aficionado, qui m’a agréablement surpris. Je ne le voyais pas dedans. Toutes mes félicitations à Daby et à son propriétaire. De son côté, Criss Cross Man trouve la compétition plus dure à ce niveau et sa 8e ligne ne l’a pas aidé non plus. C’est un coursier qui ne doit pas être bousculé, qui doit s’endormir et trouver la bonne position sur les barres avant d’attaquer dans la ligne droite finale. On va penser à lui donner un peu de repos après cette course. »
« Nous ne sommes pas déçus de cette journée avec une victoire, une 3e et 4e place… On a surtout eu un beau vainqueur. La suite s’annonce palpitante vu que Chisty a décidé de prolonger son séjour chez nous », avance Camille Merven, qui ne veut pas être considéré comme un fils à papa. « Il ne me fait pas de cadeaux ni de concessions. » Et quid de la succession de son père ? « Pour l’immédiat, je ne pense à pas cela, j’ai encore beaucoup à apprendre. J’ai encore du chemin à faire avant d’arriver au niveau de mon père », conclut-il.