Le flou persiste quant à la date exacte de la prochaine réunion de l’Automatic Pricing Mechanism (APM) au cours de laquelle l’éventualité d’une nouvelle baisse des prix des carburants après celle de novembre dernier sera abordée. Mais déjà, à la faveur de la baisse dans la durée des cours des produits pétroliers en général, des consommateurs évoquent l’utilité d’une baisse parallèle des prix du gaz ménager.
Les prix actuels du gaz ménager ont été fi xés pour la dernière fois il y a quatre ans, le 2 mars 2012, après une augmentation de 10%. À titre indicatif, le coût au détail de la bonbonne de 12 kg qui est la plus utilisée était alors passé de Rs 300 à Rs 330. Pour justifi er cette hausse, les autorités avaient mis en avant le fait que les prix d’achat du Gaz de Pétrole Liquéfi é (GPL) sur les marchés internationaux avaient substantiellement augmenté.
À cette date (mars 2012), le propane et le butane s’affi chaient respectivement à $ 1230 et $1180 sur le catalogue offi ciel de Saudi Aramco LPG Prices. La State Trading Corporation (STC) avait alors avancé qu’il lui fallait doubler ses subventions pour maintenir la vente au détail du gaz ménager à ce niveau jugé acceptable de Rs 330 la bonbonne de 12 kg.
Jusqu’alors, les subventions sur le GPL puisées des profi ts et autres taxes imposées sur la vente des carburants à la pompe tournaient autour de Rs 520 millions annuellement. Avec cette hausse conséquente des cours du propane et du butane sur les marchés internationaux en 2012, les subventions sur le GPL devaient ainsi, techniquement, dépasser le milliard à l’époque. Depuis, dans la foulée des baisses générales des cours du pétrole, les prix du GPL ont considérablement baissé ces derniers mois.
Ainsi, l’indice Saudi Aramco indique que, pour ce mois de janvier 2016, le prix du propane n’est que de $ 345 la tonne et celui du butane de $ 390 la tonne. Selon le même indice de référence, le GPL qui affi – chait un prix moyen de $ 800 pour les douze mois de 2014 n’était plus qu’à un prix moyen de $ 426 durant toute l’année 2015. Par ailleurs, même si les chiffres pour 2015 ne sont pas encore disponibles, Week-End a confi rmé auprès de la STC, vendredi, que les subventions sur le GPL pour 2014 n’ont été que de Rs 564,3 millions.
Avec la baisse de presque 50% du cours du gaz ménager l’an dernier par rapport à l’année précédente, il n’est ainsi pas exagéré d’estimer que ces subventions sur le GPL pour 2015 ont dû être encore bien moindres qu’en 2014. Ce qui, aux yeux du public consommateur, justifi e amplement une baisse des prix de la bonbonne.
Interrogé à ce sujet, un porteparole du directeur général de la STC nous a fait comprendre que c’est le gouvernement, à travers le ministère du Commerce qui est seul habilité à décider des prix de vente au détail du gaz ménager.
Même si, selon les derniers chiffres disponibles, le GPL ne représentait en 2014 que 7,4% des coûts globaux de nos importations d’énergies fossiles, ce combustible demeure, avec l’électricité, l’une des deux principales sources d’énergie des foyers mauriciens. Largement utilisé pour les besoins de cuisson, le gaz ménager qui sert également à l’alimentation des chauffe-eau à gaz fournit en moyenne aux familles mauriciennes 41% de leurs besoins en énergie, et l’électricité 55%, selon les statistiques offi cielles.
Les Émirats Arabes Unis, l’Arabie Saoudite, l’Iran, l’Australie, l’Inde et l’Afrique du Sud figurent parmi les pays auprès desquels Maurice s’est approvisionnée en GPL ces dix dernières années. Entre 2005 et 2014, le volume importé de ce produit est passé de 62 700 tonnes à 75 600 tonnes, soit une augmentation moyenne de la demande de l’ordre de 2% par année sur dix ans.