Alain Marsaud n’est pas un inconnu à Maurice. Cet associé de Jean Marie Messier – patron tombé en disgrâce après ses frasques à la tête de Vivendi/Universal – a, en tant que représentant de la Lyonnaise des Eaux/Vivendi, négocié la conclusion en 1999 d’un accord de contrat secret de gestion avec la Central Water Authority, qui était alors sous la responsabilité ministérielle de Rashid Beebeejaun.
Une décision du conseil des ministres du 16 juin 2000 faisait d’ailleurs état de l’examen d’un “report on the existing management contract between CWA and the consortium Lyonnaise des Eaux/Vivendi and noted that negotiations will be carried out with a view to finalising a long term strategic partnership.” En fait, le contrat secret conclu sans appel d’offres portait sur une période de 30 ans. On l’apprendra bien plus tard, après que le gouvernement MSM-MMM l’eut résilié et confié le dossier à l’International Finance Corporation de la Banque mondiale.
Pour avoir une idée de la toile d’araignée tissée par Alain Marsaud, ancien juge antiterroriste devenu élu de l’UMP, nous reproduisons ci-dessous des extraits d’un article très éclairant sur le personnage de la droite française publié en février 2005 par le magazine Challenges et qui avait fait l’objet d’un dossier de Week-End en mai 2005.
“En 1999, Marsaud se voit confier une mission autrement plus délicate : l’île Maurice. Associé à la Lyonnaise des eaux, Vivendi entend décrocher le marché de la distribution d’eau qui lui a échappé cinq ans auparavant. Marsaud sait trouver les arguments pour séduire le Premier ministre, Navin Ramgoolam. Vivendi Waters et la Lyonnaise des eaux exécutent un premier contrat limité à l’assistance technique auprès de la Central Water Authority. Au grand dam des concurrents britanniques. Ils estiment que c’est grâce à cette collaboration que les Français ont eu accès à des informations privilégiées. Des accusations démenties à l’époque par le tandem Vivendi-Lyonnaise. Mais les choses ne sont pas allées plus loin, sur le terrain du business du moins. Car le duo français de l’eau a parié sur le mauvais cheval ! Ramgoolam a perdu les élections de l’été 2000. “Et l’appel d’offres a été refermé par le nouveau pouvoir”, nous précise un dirigeant de Veolia que Marsaud nous a recommandé de contacter.
“De cet épisode, Alain Marsaud a gardé des contacts avec des personnalités du monde du business local tels Dawood Rawat, un des dirigeants de la British American Insurance spécialisée dans l’assurance-vie et le leasing, ( ) Rawat est aussi administrateur de Dataceo, société de bases de données spécialisée dans le renseignement économique, mise sur pied début 2001 par Jean-Charles Brisard, ancien adjoint de Marsaud à Vivendi. Présidé par ce fidèle de Pasqua (…) Dataceo compte aussi parmi ses administrateurs Marsaud et Dejouany “et  Laurent Obadia, nommé en 2005 conseiller économique à l’ambassade mauricienne à Paris.
Rappelons aussi que Vivendi a aussi pour filiale Havas/Euro RSCG et que cette  qui avait organisé  la campagne de Navin Ramgoolam en 2000 avec comme thème “vivons unis, vivons mieux” avait auparavant bénéficié de contrats de Rs 42 millions pour services et prestations à la MBC, à Air Mauritius et le Millenium Show du 31 décembre 1999, cette dernière décision devant éventuellement être critiquée par le directeur de l’audit dans un rapport où il était question “d’une nette préférence pour la compagnie française”.