Ils étaient nombreux ce matin à se rendre au pont qui relie Souillac et Surinam, dont le support s’est effondré, afin de constater les dégâts causés par les averses d’hier soir. L’indignation et la frustration des habitants du sud étaient palpables ce matin, certains avançant être les « laissés pour compte » du gouvernement.
Depuis 23 h hier soir, après plusieurs heures d’averses exceptionnelles par leur ampleur, les villages de Surinam et Souillac sont coupés l’un de l’autre. Le pont qui les relie, n’ayant pu résister à la pression de l’eau et des arbres, objets et autres détritus charriés par celle-ci, a craqué et son support s’est effondré. Par mesure de sécurité, les autorités ont préféré le fermer à la circulation.
À la rue Veerasamy, à Surinam, les grosses averses ont causé l’inondation des trois quarts des maisons. « Ce n’est pas la première fois que cela se produit. À 23 h hier soir, l’eau est entrée dans ma maison. Je vis à 100 mètres du pont de Souillac. Le chemin qui mène à chez moi est en piteux état ».
La fermeture du pont a contraint bon nombre d’habitants à passer par La Flora, Grand-Bassin afin de se rendre à Chemin-Grenier ou encore à s’arrêter à Surinam et à continuer à pied jusqu’au pont pour prendre un bus pour Curepipe ou Port-Louis, entre autres. « Le bus qui sort de Rivière-des-Galets nous dépose près du pont de Souillac. Nous devons marcher pour aller prendre un autre bus pour notre destination finale », nous déclare Nathanaël Jean-Baptiste.
« À plusieurs reprises nous avons eu ce problème », nous affirment des habitants. « Ce n’est pas la première fois, mais cette fois-ci c’est vraiment une catastrophe. Le problème s’est passé à 23 h et c’est à 10 h qu’ils viennent faire des réparations ? Les autorités n’auraient pas pu intervenir avant ? Dans le Sud nous n’avons aucun progrès. Ce n’est que dans le Nord qu’il y a du développement », soutient Kamal Bondy, ancien conseiller du village de Surinam.
Il ajoute que les écoliers et collégiens n’ont pu se rendre à l’école ce matin à cause de la fermeture du pont à la circulation. « Beaucoup ont perdu un jour d’école. Ni les élèves, ni les professeurs n’ont pu arriver à l’heure. Il n’y a aucun passage possible entre Souillac et Surinam. Aucun accès ».
Des habitants du Sud réclament la construction d’un nouveau pont. Certains s’inquiètent également pour la sécurité de leur famille. « Combien d’argent du contribuable inn al dan delo la ? » fustigent certains. D’autres avancent que « nouvo feray linn soud lor vie feray pou fer nouvo pon la ».
Un habitant frustré s’en est pris à des journalistes de la MBC, les qualifiant de « manipulateurs », car ces derniers, dit-il, étaient plus occupés à « filmer l’eau qu’à filmer les vrais enjeux ». Il a été calmé par les policiers présents sur les lieux.