Le groupe Ip Man Wing Chun, dirigé par Jacques Li, s’est récemment joint à la famille des « danseurs du lion », qui donnent des spectacles à l’occasion des fêtes. Le Mauricien l’a récemment rencontré dans les rues de Rose-Hill. C’était durant la première quinzaine suivant le Nouvel An chinois.
On l’a souvent vu jaune mais le « loulou » du groupe Ip Man Wing Chun est rouge. « Il y a différentes couleurs : pour la compétition, c’est du noir et de l’argent ; pour les festivités, c’est soit le rouge soit la couleur or ou jaune. Nous avons choisi le rouge pour son côté esthétique », indique au Mauricien Jacques Li, responsable de la troupe.
En ce premier samedi après-midi après le Nouvel An chinois, le son du tambour chinois et des cymbales résonnant aux alentours des commerces bordant la route principale de Rose-Hill attirait l’attention des promeneurs. S’ouvrait à la vue un magnifique loup chinois dansant devant une boutique ; c’était aussi comme une invitation lancée pour assister au spectacle. Patient, celui qui a manqué le début du show, restait dans les parages et attendait une nouvelle prestation qu’il sait ne saurait tarder.
C’est par le biais des petits pétards que lance un des membres du groupe devant la boutique que l’arrivée du « loulou » est annoncée. Le magnifique animal salue gracieusement le propriétaire des lieux en se penchant trois fois devant la porte d’entrée selon une chorégraphie apprise à Fo Shan. « Notre loup ne se trémousse pas. C’est la musique – le tambour, les cymbales et le gong – qui donne le ton et il évolue selon une chorégraphie ». Par moments, il est lent, par d’autres, ses mouvements sont plus rythmés. Après ces quelques pas, il est dirigé à l’intérieur de la boutique. Selon la croyance populaire, il apporte bonheur et prospérité à celui qu’il visite. Après avoir fait la tournée auprès des rayons, sans oublier la caisse, il est dirigé vers la porte de sortie. « Il sort toujours par le dos, le queue en premier. C’est un signe d’humilité », explique Jacques Li.
La musique se poursuit et une fois dehors, le loup tente de décrocher la « Fung paw », petite enveloppe rouge, accrochée à l’entrée du magasin avec un brin d’une plante quelconque. « En Chine, chaque plante accrochée consiste en un symbole. A Maurice nous ne faisons pas trop attention à cela », avance notre interlocuteur. Il précise toutefois que le symbolisme général est maintenu : « Une fois le loup dehors, il mange son Fung paw et la feuille qui lui sont offerts en guise de récompense. » Ensuite, c’est la grosse pétarade avant qu’il ne quitte les lieux pour se produire ailleurs.
Fête de la lanterne
Les groupes qui offrent cette prestation le font à la demande. « C’est une prestation gratuite et l’argent que les gens offrent dans le Fung paw est toujours un geste symbolique », fait-il ressortir. Jacques Li observe que la pratique de la danse du lion, de même que ceux qui assistent aux spectacles ou en font la requête pour un spectacle chez eux ne sont pas que d’origine chinoise. « Tout le monde la pratique ou sollicite notre prestation et elle n’est en contradiction avec aucune religion. C’est une tradition culturelle que nous voulons garder vivante », soutient notre interlocuteur. Jacques Li note que la célébration du Nouvel An chinois gagne du terrain à Maurice. « Les gens sont de plus en plus ouverts à la culture de l’autre ». D’ailleurs, une des particularités du groupe Ip Man Wing Chun est qu’il accueille des participants qui ne sont pas d’origine chinoise, à l’instar de Rachel Legland qui y joue de la cymbale. Le groupe se produit à différentes occasions que ce soit pour des anniversaires, des mariages ou pour l’année chinoise.
« La danse du loup peut être organisée à n’importe quel moment durant les quinze premiers jours de l’année chinoise », fait ressortir M. Li. Et de préciser que la fête de la Lanterne met fin à cette quinzaine de festivités. Depuis quelques semaines, ajoute M. Li, il se produit à l’hôtel Anaari, à Flic-en-Flac, lors des soirées chinoises.