La petite entreprise artisanale Made In Heaven, créée il y a huit ans à l’initiative de l’Ong Environment Protection and Conservation Organisation (EPCO), à Pamplemousses, prend enfin son envol « grâce à quelques petites ouvertures » qu’elle a pu se créer sur le marché touristique. « La route menant aux hôtels est cependant encore très loin », affirme son directeur, Keshwar Beeharry-Panray, qui, entre-temps, se rend aux Seychelles pour faire connaître ses produits artisanaux, en l’occurrence des épices et du sucre en boîtes ou dans de jolis petits pots, voire des colliers et autres petits items à vocation touristique. « Je compte bien trouver un petit coin là-bas », dit-il.
L’entreprise Made In Heaven a été lancée en 2009 avec le soutien de l’Union européenne, d’après le concept de « scaling up nature’s value », qui vise à donner de la valeur aux matériaux naturels que sont notamment la paille de canne à sucre, les épices et les noix de coco, entre des dizaines d’autres matériaux à utiliser de la meilleure façon possible pour générer des revenus et créer des emplois. « Nous savons tous qu’à Maurice, nous avons un très gros souci par rapport à la gestion des déchets solides. Nous sommes en train de tout enfouir à Mare-Chicose. Pourtant, entre 70 à 75% de ces déchets sont organiques, et donc réutilisables », fait ressortir Keshwar Beeharry-Panray. Il ajoute : « D’un autre côté, nous avons une industrie touristique prospère. Nous devons donc pouvoir capitaliser sur cette industrie. »
Au début, Keshwar Beeharry-Panray pensait que les matières premières récupérées localement dans les déchets suffiraient à faire tourner sa petite entreprise, mais il a vite découvert que le marché était dominé par des produits artisanaux importés de Chine, autrement dit des produits bon marché et compétitifs. « Le marché cherche des produits “with a very good finish” et nous, on ne peut continuer à en rester au stade artisanal. De même, les touristes qui achètent ces produits ne savent pas faire la différence entre ce qui est fabriqué à Maurice et ce qui est importé. Nous avons donc dû importer une partie de nos matières premières, ce qui correspond cependant à moins de 15% du total. Tant que possible, nous utilisons donc tout ce qui est disponible localement en récupérant, par exemple, des morceaux de bois dont les menuisiers ne se servent plus. Ainsi, nos coffres à bijoux, par exemple, sont tous fabriqués avec des matières recyclées », fait-il ressortir.
 
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