Saveurs Végétales Ltée, une PME située à Wooton, Curepipe, est une des rares entreprises du pays à exporter, depuis 2012, des snacks surgelés. Samoussas, rouleaux de printemps et autres gâteaux piments voyagent ainsi par conteneurs vers différents marchés à l’étranger. Aux dires de son jeune et dynamique directeur, Sanit Seebaluck, l’entreprise vole déjà de succès en succès, en attendant son entrée sur le grand marché australien.
À l’origine, Saveurs Végétales Ltée, qui existe depuis 2002, avait comme propriétaires des étrangers. L’entreprise produisait alors des snacks destinés à l’exportation. L’affaire fonctionnait très bien jusqu’en 2011, année où l’entreprise a commencé à rencontrer des difficultés économiques. Tant et si bien que ses propriétaires ont voulu s’en débarrasser.
Sanit Seebaluck, comptable de profession, a alors été appelé pour mettre en oeuvre la fermeture. « En arrivant, j’ai découvert un business nouveau. Des employés voulaient partir et d’autres, qui étaient là depuis le début, voulaient sauver leur entreprise afin de pouvoir garder leur emploi », déclare-t-il. Des employés ont d’ailleurs fait part au comptable de leur envie de sauver leur travail, lui demandant d’essayer de trouver une solution à ce problème. Ensemble, ils font un constat : les machines ne sont plus disponibles et le bâtiment demande à être rénové. Il faut donc repartir de zéro. Mais il y avait aussi un point positif, à savoir que ces employés voulaient continuer le travail grâce à leurs connaissances et leur expérience dans le domaine.
Après mûre réflexion, Sanit Seebaluck négocie avec les propriétaires de l’usine, à qui il exprime le désir de reprendre ses activités. « Je leur ai dit que je veux essayer et voir comment ça marche. On est tombé d’accord pour un partenariat à l’effet que je produirai les snacks que j’exporterai sur La Réunion. Tandis que les propriétaires, eux, assureraient la distribution à l’île soeur, qui était le principal marché de l’entreprise », déclare-t-il.
L’entreprise redémarre
Saveurs Végétales Ltée recommence alors à fonctionner : la production des samoussas reprend de même que l’exportation vers La Réunion. Après que le premier conteneur de samoussas ait été vendu aux consommateurs réunionnais, l’argent obtenu est réinvesti dans l’usine. Sanit Seebaluck entre dès lors de plain-pied dans la fabrication de produits alimentaires. Mais il doit avant tout se documenter sur la transformation des aliments. Aussi, il découvre que « si on veut être aux normes, il faut être certifié HACCP (Hazard analysis and critical control points), qui est une approche systématique à la sécurité alimentaire ». Et Sanit Seebaluck commence à apprendre, tout en continuant son travail de comptable. « Je consacrai mes nuits et mes week-ends à organiser le travail à l’entreprise. Petit à petit, j’y ai implémenté le système HACCP. Je faisais tout en même temps : la rénovation, la production, l’exportation… Car il fallait avoir de l’argent pour réinvestir dans l’usine », raconte-t-il.
Les anciens propriétaires de l’usine, qui s’étaient convertis en distributeurs, étaient pour leur part ravis, vu qu’ils obtenaient leurs commandes à temps. Ils étaient si satisfaits de Sanit Seebaluck qu’ils lui ont recommandé de leur fabriquer, outre des samoussas, des gâteaux piments à base de gros pois, appelés “bonbons piments”. « Je produis d’après leurs recettes et je leur fournis. Eux, ils vendent. Ils ont confiance en moi, en ma capacité de travail. Ça marche très bien pour nous », explique notre interlocuteur. Et d’ajouter : « Nous améliorons constamment nos produits tout en proposant d’autres variétés de snacks à base de poisson. »
Aujourd’hui, Saveurs Végétales Ltée réalise huit variétés sous le label SARIVA, qu’elle produit à la demande de ses clients. « Je ne produis pas en avance et je ne stocke pas les produits déjà prêts. J’ai mes difficultés car l’exportation n’est pas facile, mais j’arrive toujours à honorer mes commandes », rassure-t-il. De quatre employés à ses débuts, l’entreprise en compte aujourd’hui une vingtaine.
Samoussas aux fruits
Après de bons débuts sur le marché de l’exportation, Sanit Seebaluck a essayé de vendre ses produits sur le marché local. Ce sera un échec, en raison de la concurrence, importante à Maurice. Il a de fait préféré laisser ses concurrents poursuivre leur travail tandis que lui se consacrait au marché étranger. « J’ai commencé à faire le marketing de mes produits à l’étranger, au-delà de La Réunion, en participant à des foires internationales en Allemagne et ailleurs. J’ai fait découvrir mes produits à des clients étrangers, des samoussas à la banane et à l’ananas, alors qu’à Maurice nous fabriquons seulement des samoussas à la pomme de terre », relate-t-il.
Une innovation que ses clients étrangers ont aimée, n’ayant jamais goûté à de tels snacks. Sanit Seebaluck s’est aussi rendu en Australie pour exposer ses produits. L’accueil que lui ont réservé les clients potentiels était si favorable qu’ils sont venus visiter l’usine. Ces clients ont déjà passé des commandes, que le jeune entrepreneur honorera incessamment. Les produits de Saveurs Végétales Ltée se vendent actuellement à La Réunion, en France, en Australie et, bientôt, en République Tchèque et au Danemark, où l’entreprise a trouvé deux clients ayant exprimé leur intérêt pour ces produits mauriciens. Il a finalement laissé tomber le marché local pour se concentrer uniquement sur l’exportation.
Une quête qui n’est pas aussi facile qu’on le pense. « On demande aux Mauriciens d’exporter, mais c’est très compliqué. Il faut comprendre les lois européennes et leurs exigences, et travailler d’après ces dispositions. Il n’y a d’autre chose à faire que de nous adapter à ces législations. C’est très différent du marché local. Il faut apprendre les règlements à la douane et étudier les accords commerciaux entre Maurice et les pays où nous voulons exporter afin d’obtenir certains bénéfices », fait ressortir Sanit Seebaluck.
Motivation
Bien qu’il vienne du secteur de la comptabilité et des finances, Sanit Seebaluck a toujours eu l’entrepreneuriat dans l’âme. Il a entrepris ou essayé d’entreprendre, dans le passé, plusieurs projets, dont un bureau de tour-opérateurs. « Je connais les rouages de l’entrepreneuriat et les démarches à faire pour lancer un business. J’ai vendu le business après et je me concentre dans ma nouvelle aventure », dit-il, ajoutant que l’entrepreneuriat est devenu une passion. « Ce n’est pas juste pour moi, mais aussi pour les autres, car on crée ainsi des emplois. Les gens viennent vous voir, cherchent des emplois. Ça m’encourage à faire mieux pour les satisfaire. Si vous lancez une entreprise rien que pour gagner de l’argent, vous êtes en train de faire fausse route dès le départ. Sans les gens, on n’est rien ! » estime-t-il.
Qu’en est-il de l’avenir ?? Ces quatre dernières années, son chiffre d’affaires a doublé, le nombre de ses clients a triplé et Sanit Seebaluck consacre beaucoup de temps au marketing sur le plan international. Son souhait est d’agrandir son entreprise, « mais il faut que je trouve les “right clients” à l’étranger et je dois être aux normes ». Sanit Seebaluck a plein d’idées en tête et compte proposer de nouveaux produits bientôt, si la demande suit.