Le conglomérat mauricien GML se retrouve à la troisième place du « Top 500 de l’océan Indien 2015 » de la revue L’Éco Austral, précédé de deux groupes réunionnais : Vindémia et Bernard Hayot. Ce classement des entreprises de La Réunion, Maurice, Madagascar et Mayotte est basé sur les chiffres d’affaires réalisés pour l’année se terminant au 31 décembre 2013 (pour certaines) et à fin juin 2014 (pour d’autres). On y retrouve 161 sociétés mauriciennes contre 206 de La Réunion, 123 de Madagascar et 10 de Mayotte.
Selon L’Éco Austral, le trio de tête de ce classement des Top 500 a creusé l’écart : Vindémia, filiale de Casino, groupe français de grande distribution, affichait pour l’exercice financier se terminant en décembre 2013 un chiffre d’affaires de 862 millions d’euros. Le groupe Bernard Hayot, multinationale d’origine antillaise, avait enregistré pour la même année un chiffre d’affaires de 810 millions d’euros alors que le groupe GML avait dégagé un montant de 790 millions d’euros. L’Éco Austral souligne la « forte croissance » de GML (+ 13 %) qui talonne le groupe Bernard Hayot. Celui-ci, à son tour, s’est rapproché de Vindémia dont le chiffre d’affaires a connu un tassement du fait, entre autres, de la concurrence dans le secteur de la grande distribution à l’île soeur.
Selon la dernière édition du « Top 500 de l’océan Indien », un autre groupe mauricien, en l’occurrence IBL, occupait la quatrième place avec un chiffre d’affaires estimé à 493,1 millions d’euros, précédant Air Mauritius, le groupe Caillé (Réunion), Jovenna Madagascar, Système U, Air Austral et Groupe Excellence, toutes de la Réunion. On relève également la présence de Food and Allied Group (11e), de Vivo Energy (13e), du Groupe Socotoa (15e), d’ENL (21e), de… la BAI (24e), de CIEL (26e), Total Mauritius (27e) et de Jan de Nul Pacific (29e) parmi les 30 plus importantes entreprises en termes de chiffre d’affaires.
Le Top 500, indique la direction de L’Éco Austral, s’est enrichi de l’arrivée d’entreprises malgaches pour lesquelles la revue économique a pu recueillir des informations qui, dans le passé, restaient très confidentielles. Le pétrole et les mines forment les deux grands secteurs économiques de Madagascar. « Ce sont d’ailleurs les mines qui ont tiré la croissance de 2,6 % enregistrée en 2013 et de 3,7 % annoncée pour 2014 », souligne la revue. Concernant Maurice, L’Éco Austral indique que le pays a réalisé une nette progression de son Produit Intérieur Brut par habitant. Celui se situe à 7 339 euros mais est encore loin de celui de La Réunion (19 477 euros). L’écart se réduit, précise L’Éco Austral : « Il n’y a pas si longtemps il était trois fois supérieur. »
L’économie réunionnaise, ajoute la revue, est aujourd’hui dominée par des entreprises appartenant à des multinationales ou à des groupes français. Maurice, en revanche, a réussi à garder la main sur son économie. « Les leaders des principaux acteurs de l’économie mauricienne sont des entreprises à capitaux mauriciens ou contrôlées par des acteurs mauriciens, y compris le secteur bancaire dominé par la MCB. Des groupes, comme CIEL, ont su habilement faire entrer dans leur capital des fonds d’investissement internationaux tout en gardant le contrôle, au moins en droits de vote », observe L’Éco Austral. À Mayotte, par ailleurs, le tissu d’entreprises privées reste très mince, rapporte-t-elle. « Des entreprises doivent subir des rattrapages sociaux rapides notamment au niveau des salaires sans que la productivité ne suive forcément », fait ressortir L’Éco Austral.
Notons, par ailleurs, que dans le classement des banques (31 au total), c’est la Mauritius Commercial Bank qui pointait en tête avec un produit net bancaire de 261,2 millions d’euros (pour l’exercice financier prenant fin au 30 juin 2014) devant la State Bank of Mauritius (226,6 millions d’euros en 18 mois et à fin décembre 2013). La troisième place était occupée par le Crédit Agricole Mutuel de La Réunion (179,7 millions d’euros).