Face à un marché du travail en constante évolution, il est souvent difficile de choisir un métier. Hubert Gaspard, psychologue du travail, nous donne quelques éléments pour nous guider. 
Quelles sont les questions qu’on devrait se poser quand on se présente sur le marché du travail ?
Savoir ce qu’on veut faire, comment on veut gagner sa vie et les métiers qui sont en demande. Il y a une dynamique de l’économie qui change; c’est en fonction de cela qu’on devrait s’orienter. On devrait choisir son métier par rapport à ses compétences, tout comme on le fait pour les études supérieures.
Les candidats spontanés qui postulent pour un emploi suite à une annonce devraient être capables de relier les stages accomplis et les compétences qu’ils ont pu développer et ce qui serait utile pour le poste en question. Il faut une synergie intime entre le monde professionnel et éducatif.
Comment savoir quel est le métier qui nous convient le mieux ?
Il n’y a pas de métier taillé sur mesure. C’est à partir d’essais et d’erreurs et par la persévérance que l’on arrive à faire sa place. Celui qui veut se réaliser doit prendre de la hauteur et voir ce qui lui permettrait de mieux s’épanouir. Il devrait rencontrer des personnes qui peuvent l’orienter dans son choix de carrière, participer à des job fairs et discuter avec les employeurs potentiels pour voir ce qu’ils proposent.
Certains postes demandent des compétences spécialisées mais d’autres exigent des compétences multiples. Peu importe le métier que l’on choisit : c’est davantage une question d’attitude que d’aptitude, même s’il faut un minimum de compétence. Il faut savoir être opportuniste dans certains cas, savoir se vendre et être fonceur et persévérant. 
Qu’est-ce qui pousse bon nombre de jeunes à se tourner vers les métiers dits traditionnels alors qu’il y a plusieurs postes vacants dans d’autres secteurs ?
Aujourd’hui, il y a une plus grande mobilité des jeunes. C’est la mode du jetable. Je n’aime pas : je jette et je passe à autre chose. Certains trouvent aussi que les white collar jobs sont plus valorisants que les autres métiers. Il faut savoir qu’il n’y a pas de sot métier.
Est-il conseillé de changer d’orientation en cours de route après plusieurs années passées dans un secteur ?
À l’étranger, il est conseillé de changer de métier chaque trois à quatre ans pour ne pas être considéré comme pantouflard. Dans certains domaines, on encourage la mobilité pour développer continuellement ses compétences. Il s’agit de rester dans le même secteur mais avec différents employeurs.
Changer de métier est risqué, mais cela dépend de beaucoup de facteurs. Il faut savoir gérer. C’est cela qui va déterminer le succès. Ce n’est pas un signe d’instabilité si on sait vendre cela. Il est même sain de changer d’employeur après une longue durée et de sortir de sa zone de confort. C’est à chaque individu de décider, par rapport aux réalités de sa vie et de ses priorités. La mobilité doit être encouragée, pas de manière irréfléchie, mais à la suite d’une réflexion cohérente.