A chaque voyage, une question me vient invariablement, toutes ces tours de verres, tous ces paysages seront-ils là dans cinq cents ans ? Des touristes viendront-ils les admirer comme ils vont aujourd’hui contempler les merveilles des petits villages italiens ? Mon regard oscille sans cesse du bâti au non-bâti, du plein au vide. Est-ce la part orientale de mon identité ou mon environnement tropical quotidien qui donne cette ambiguïté à l’espace ? C’est à cette frontière invisible, intangible de cette transition de l’intérieur et de l’extérieur où se passe cet instant fugace, ce moment éphémère du bonheur. Une telle perfection est visible à la Cité Interdite de Pekin ou à l’Abbaye Cistercienne du Thoronet – dans l’ordonnancement des volumes et surtout dans l’organisation de l’espace vide. Je pourrais ajouter la cité moghole de Fatehpur-Sikri ou le Registan de Samarcande. Un espace de l’entre-deux sans aucune hostilité une fluidité entre le dedans et le dehors.
Pourquoi s’attache-t-on à un produit, une architecture, un paysage ou une ville ? Est-ce parce qu’elle est utile, efficace, voire écologique ? A chaque civilisation, chaque époque, chaque individu ses critères, direz-vous. Certains la voient intemporelle, impersonnelle, complètement désintéressée. La beauté consisterait plus en une idée que dans une image, une forme définies.
Tant de définitions….