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La construction de 42 villas et d’un Wellness Centre, à l’arrière de l’hôtel de West Coast Leisure Ltd, à Bel-Ombre, par le même groupe provoque la colère du collectif Aret Kokin Nou Laplaz (AKNL).

Selon Carina Gounden, il ne s’agit ni plus ni moins que d’une « stratégie » pour éviter les procédures de l’Environment Impact Assessment (EIA), car le projet tomberait alors sous les 50 unités prévues sous le PDS Scheme.

Elle rappelle que le site comporte des drains naturels et des zones humides, et que AKNL conteste le permis EIA délivré à West Coast Leisure Ltd.

Les représentants d’AKNL ont été entendus jeudi dernier au conseil de district de Savanne, car le collectif conteste le permis de Building and Land Use Permit (BLUP) de Table Bay Ltd pour la construction de 42 villas et d’un Wellness Centre à Bel-Ombre.

Selon Carina Gounden, la porte-parole, cette compagnie émane du groupe HYVEC, soit le promoteur de West Coast Leisure Ltd, qui prévoit la construction d’un hôtel au même endroit. La militante estime ainsi qu’il s’agit d’une « stratégie » visant à diviser les projets.

« Les promoteurs font tous la même chose en ce moment. Zot pa zot proze bout bout et cela se limite bien entendu au “less than 50 units” sous le Property Development Scheme, afin d’éviter les procédures de l’EIA. »

Ainsi, poursuit-elle, ils évitent les contestations du public. Elle dénonce aussi le fait que « tous ces stratagèmes sont secondés par l’Economic Development Board, l’expert pour les options “fast track”, bien entendu ».

Carina Gounden déplore le fait que les autorités fassent l’impasse sur le fait que lieu abrite des “Environmentally Sensitive Areas”. En présence de ces zones sensibles, dit-elle, on aurait dû prendre des précautions avant de délivrer des permis.

« En présence des ESA, on ne peut pas prétendre au “business as usual”. Il est plus important de considérer cet aspect que de se limiter au critère de “less than 50 units”. Cela recommande une approche précautionneuse. »

AKNL est également d’avis que les “clearances” émanant de plusieurs autorités « de manière plus ou moins décousue, ne peuvent garantir qu’un écosystème ne sera pas définitivement “disrupted” ».

Le collectif estime qu’un travail scientifique de mise en commun de rapports approfondis sur des questions de géologie, notamment avec la présence des marécages, aurait été plus approprié.

« Nous savons que même le système EIA actuel n’est pas infaillible, en attestent certains cas portés devant le tribunal de l’environnement. Or, dans ce cas, l’absence d’EIA a de quoi nous faire réagir, surtout au vu de la nature sensible du site de Beau-Champ à Bel-Ombre. Le ministère de l’Environnement ne respecte-t-il pas, dans un contexte où nous devons nous préparer au mieux à faire face aux effets du changement climatique, le principe de précaution ? »

Référence est ici faite à l’article 15 de la Déclaration de Rio, qui stipule : « In order to protect the environment, the precautionary approach shall be widely applied by States according to their capabilities. Where there are threats of serious or irreversible damage, lack of full scientific certainty shall not be used as a reason for postponing cost-effective measures to prevent environmental degradation. »

AKNL estime qu’il est « plus qu’urgent » d’améliorer la résilience de la zone côtière de la République de Maurice. « La protection des ESA était, nous semble-t-il, aussi un enjeu transversal clé lors des Assises nationales de l’environnement. Or, ce qui se passe à Beau-Champ, Bel-Ombre, nous montre clairement que le ministère de l’Environnement aura bien du mal à respecter ces engagements car certains projets, soutenus par l’EDB notamment, viennent mettre à mal toute la bonne volonté affichée du nouveau ministre, Kavydass Ramano, à vouloir rompre avec le bilan catastrophique d’Etienne Sinatambou. »

Carina Gounden ne manque pas de souligner qu’alors même que le collectif était entendu au conseil de district de Savanne, l’Agence française de développement « a convié tous les acteurs concernés, des représentants de divers ministères, pour une journée sur la biodiversité, avec, à la clé, des financements conséquents, pour que Maurice puisse développer sa résilience par rapport aux défis liés au changement climatique ».

AKNL dit avoir écrit trois lettres au ministre de l’Environnement, Kavy Ramano, pour lui fournir le maximum d’informations sur les ESA de Bel-Ombre, ajoutant cependant n’avoir eu aucune réaction à ce jour.