Intervenant hier à l’International Hotel and Resort à Balaclava lors d’un atelier de formation des formateurs sur la gestion durable des polluants organiques persistants, le ministre de l’Environnement et du Développement durable Deva Virahsawmy a fait un vibrant plaidoyer pour que les travailleurs soient informés quant à la manipulation et à la gestion de ces produits chimiques dangereux.
« Le gouvernement mise beaucoup sur la protection de l’environnement en plaçant Maurice sur la voie de la durabilité. Il est donc impératif que les travailleurs soient bien informés des dernières techniques quant à la manipulation et à la gestion des polluants organiques persistants (POP) », a plaidé Deva Virahsawmy devant un parterre composé de représentants d’institutions engagées dans l’importation, l’utilisation, le transport et l’élimination des POP et d’autres produits chimiques dangereux.
Le ministre a exprimé sa conviction que les participants à cet atelier de formation vont acquérir les connaissances vitales et les techniques appropriées pour manipuler les POP et d’autres produits chimiques dangereux. Il a expliqué que les POP sont les substances chimiques qui persistent dans l’environnement, s’accumulent dans les tissus des organismes vivants à travers la chaîne alimentaire et présentent le risque d’entraîner des effets nuisibles pour la santé humaine et l’environnement (voir encadré). Il a rappelé que ces produits chimiques sont particulièrement dangereux parce qu’on a trouvé qu’ils sont responsables de sérieux problèmes de santé, comme les maladies cardio-vasculaires, le cancer et d’autres désordres du métabolisme.
« Sept sources principales de POP ont été identifiées à Maurice : le DDT, les incendies dans les champs de canne, l’incinération des déchets médicaux, le lixiviate (liquide acidique) du centre d’enfouissement, les incendies accidentels, l’incinération des déchets ménagers et la production d’électricité », a révélé Deva Virahsawmy.
Le ministre a remercié le Global Environment Facility (GEF) et le Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD) pour leur aide financière et technique dans la mise en oeuvre du projet « Sustainable Management of POPs in Mauritius ». Ce projet, selon lui, a deux objectifs : éliminer les POP obsolètes et la décontamination des sites infectés et l’introduction graduelle d’un plan de contrôle de la malaria qui rendra inutile l’utilisation des DDT dans le moyen terme.
« La réduction et l’élimination des émissions et de décharges de POP dans l’environnement ne peut se faire qu’avec la collaboration étroite de tous ceux concernés », a commenté le ministre, en remerciant en particulier le ministère de la Santé et de la Qualité de la vie, ceux des Administrations régionales et du Travail, le Central Electricity Board et l’Association Professionnelle des Producteurs/Exportateurs de Produits Horticoles de Maurice (APEXHOM).
Deva Virahsawmy s’est félicité que Maurice ait signé la Convention de Stockholm sur les POP le jour même de son ouverture. Cette convention vise à contrôler et à régler la manipulation, l’utilisation et le stockage de ces produits chimiques dangereux. Il a rappelé que Maurice est également signataire de la Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontaliers de déchets dangereux et de leur élimination, et la Convention de Rotterdam sur la procédure de consentement préalable en connaissance de cause applicable à certains produits chimiques et pesticides dangereux qui font l’objet d’un commerce international. Maurice a en outre adhéré à quelque 38 Accords Environnementaux Multilatéraux, conventions, protocoles et d’autres instruments internationaux contraignants et non contraignants, a ajouté le ministre.
« Pour respecter ses obligations sous la Convention de Stockholm, Maurice a préparé et a soumis un National Implementation Plan avec l’aide financière de la GEF », a annoncé Deva Virahsawmy. Ce plan vise à réduire et à éliminer les POP de notre environnement en faisant des inventaires quant à leur production, leur utilisation, leur stockage ainsi que des sites contaminés. Le plan prévoit également des stratégies de nettoyage et la prévention à l’avenir des accumulations des stocks de POP.
« Je suis fier de faire savoir que Maurice est parmi les premiers pays à avoir complété son National Implementation Plan, qui comprend une évaluation des 12 POP initiaux connus comme la dirty dozen », a révélé le ministre.