Un nouveau rapport émanant du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), rendu public mardi aux Seychelles, estime que la population et l’économie grandissantes dans l’ouest de l’océan Indien posent des risques majeurs aux côtes les moins dérangées écologiquement dans le monde, où les services de l’écosystème sont évalués, de manière conservatrice, à environ 25 milliards de dollars annuellement.
Citant le rapport, le PNUE a indiqué que l’urbanisation, la pêche non durable ainsi que les pratiques d’extraction épuisent les ressources naturelles et affectent la biodiversité dans la région.
S’étendant de la Somalie à l’Afrique du Sud, les régions côtières dans l’ouest de l’océan Indien abritent plus de 60 millions de personnes, largement dépendantes des écosystèmes marins pour leur emploi et leur alimentation. Ces écosystèmes représentent un des plus riches du monde en termes de biodiversité avec plus de 2 200 espèces de poissons et plus de 350 espèces de coraux, qui fournissent de grands biens et services à la population.
Ce rapport examine les menaces environnementales dans la région et appelle à une coopération transfrontalière renforcée, une gestion côtière intégrée et une hausse des régions marines conservées afin de protéger l’écosystème vierge.
« De la pêche au tourisme, à l’énergie, les océans soutiennent environ 350 millions d’emplois de par le monde. Alors que la moitié de la population dans les pays africains situés le long des côtes ouest de l’océan Indien vivra sur les côtes d’ici à 2020, cette région a la capacité de générer des emplois et la croissance économique pour ces pays », affirme le sous-secrétaire général des Nations unies et directeur exécutif du PNUE, Achim Steiner. Mais, ajoute-t-il, « à mesure que les côtes s’urbanisent, les ressources marines sont en train d’être étendues et stressées ». « Les stocks de crustacés, par exemple, sont en train d’être surexploités à mesure que les pays essayent de nourrir leurs populations grandissantes. »
Selon lui, la bonne voie réside dans un océan Indien sain qui favorise la croissance durable le long de ses côtes et améliore le bien-être et l’égalité sociale de ses populations. « C’est ce que nous appelons l’économie bleue, qui préconise une prospérité à long terme pour les populations vivant sur les côtes à travers ces grandes ressources », dit-il.
Selon le PNUE, la population urbaine vivant en Afrique de l’est vers 2040 sera de cinq fois plus élevée qu’en 2010. Ce qui ajoutera des pressions environnementales sur les villes, dont la dégradation de la qualité de l’eau, une diminution des ressources marines et de la biodiversité et la destruction des habitats importants tels que les forêts des mangliers.
Ce rapport estime qu’entre 400 000 et 700 000 personnes sont engagées dans la pêche dans cette région, le poisson étant la principale source de protéines pour environ 50 % des Mozambicains tandis que le thon contribue à hauteur de 95 % des exportations des Seychelles.