Produisant depuis peu du compost avec les déchets municipaux, la Solid Waste Recycling compte se lancer dans un nouveau projet de production d’énergie sans incinérer ces matières. « Les rejets que nous obtenons actuellement après avoir fabriqué le compost contiennent beaucoup d’énergie que nous voulons récupérer grâce à une technologie appelée la pyrolyse. Celle-ci n’a rien à voir avec l’incinération », déclare Patrick Maurel, CEO de l’entreprise.
Selon Patrick Maurel, la pyrolyse et l’incinération sont deux techniques différentes utilisées dans la production d’énergie. « L’incinérateur brûle les déchets tout en fabriquant de la dioxine et d’autres gaz toxiques alors que la pyrolyse produit de l’énergie dans un circuit fermé. Il n’y a ainsi aucune émission de gaz puisqu’il est détruit par une chaleur de 1 250 degrés », explique le CEO de la Solid Waste Recycling. Avec le produit fini, ajoute-t-il, l’on peut obtenir du diesel pour tourner des turbines à vapeur produisant de l’électricité de manière saine. « Nous irons par la même occasion vers le zéro déchet que nous avons toujours souhaité à Maurice. »
La pyrolyse est vieille de plus d’une centaine d’années, indique pour sa part David Weaver, directeur de GSS Energy Ltd de la Grande-Bretagne qui propose cette technologie à la Solid Waste Recycling. Elle décompose les matières organiques à haute température en l’absence absolue d’oxygène. « Quand il y a de l’oxygène et de la chaleur, vous avez de la combustion. Et lorsque les déchets brûlent, ils produisent des gaz. Nous ne brûlons rien. Nous ne faisons que les exposer dans une chambre à chaleur où ils se décomposent en une forme de gaz simple. Il n’y a aucune dioxine dans ce procédé », fait-il ressortir.
Selon David Weaver, les gouvernements n’ayant jamais compris la pyrolyse ne la favorisent pas. « Les déchets acheminés vers les centres d’enfouissement lâchent des gaz dangereux pour notre environnement », souligne le directeur de GSS Energy Ltd. Il estime que Maurice peut devenir le premier pays au monde sans centre d’enfouissement grâce à cette technologie présentée hier au Board of Investment au nom de Solid Waste Recycling Ltd.