Des habitants d’Albion ont découvert avec horreur mercredi matin qu’une quarantaine de filaos, se trouvant sur le terrain menant au Centre de recherche de la localité, avaient été abattus. Le plus surprenant, c’est qu’un commerçant du village, proche du pouvoir, dit être propriétaire de ce terrain et avoir obtenu les permissions nécessaires pour cet abattage. Des habitants d’Albion envisagent d’ailleurs une action légale en vue de stopper ce « massacre ».
Alain Aliphon, membre du conseil de village d’Albion, n’en revient pas du spectacle de désolation de mercredi matin. Des filaos ont été « sauvagement » abattus, provoquant même la chute d’un réverbère. « Ces arbres ont été plantés lorsque nous étions jeunes pour sauvegarder l’environnement. Aujourd’hui, quelqu’un vient tout couper », dit-il. Il est rejoint dans ses propos par Khemraj Ortoo, venu exprimer sa solidarité avec les habitants d’Albion.
Le terrain en question se trouve à proximité de la gare routière et ferait partie du Centre de recherche appartenant au ministère de la Pêche. Mais un commerçant de la localité, connu pour sa proximité avec le gouvernement, dit en être le propriétaire.
Ce que déplore encore Alain Aliphon, c’est qu’en 1992, il avait fait une demande pour qu’un village council soit construit dans cette région. « Mais on nous l’a interdit, en arguant que ces filaos étaient protégés. 20 ans après, les autorités semblent avoir changé d’avis. »
Les habitants qui ont manifesté leur mécontentement hier, envisagent des actions légales en vue de mettre un terme à l’abattage de ces arbres. Qui plus est, souligne Alain Aliphon, selon les règlements des Bois et forêts, un avis doit être émis avant tout abattage d’arbre. « La loi prévoit qu’un avis doit être placé à l’endroit concerné 45 jours avant l’abattage en question, afin que ceux qui sont contre puissent se manifester. Mais dans le cas présent, cela n’a pas été fait. »
Les protestataires sont d’autant plus inquiets que sur ce même terrain, se trouve également deux « pieds lafouche ». « Les racines ont même pris dans les vieilles citernes du chemin de fer », font-ils ressortir. Ils se demandent si ceux qui ont autorisé l’abattage de ces arbres mesurent la portée de cette action sur l’environnement.