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Nous vous annoncions dans une précédente édition que le gouvernement avait déjà décidé de procéder à un troisième épisode d’abattage de chauves-souris cette année. Samedi dernier, le gouvernement a débuté l’abattage de quelque 20,000 chauves-souris frugivores endémiques. Ce qui rapproche un peu plus cette espèce unique au monde de l’extinction.

Le ministre de l’Agro-industrie, Mahen Seeruttun, persiste et signe malgré les mises en garde de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) et la déclassification de l’espèce, intervenue cette année, qui est passée du statut de vulnerable à endangered sur la liste rouge de l’instance mondiale. Une décision étonnante, compte tenu du fait que les deux derniers épisodes d’abattage ont été des échecs cuisants.

En effet, la production de fruits estivaux tels que la mangue et le litchi n’a pas augmenté suite à ces abattages. “C’est malheureux, on est en train de prendre des mesures qui ne vont pas marcher. Cela a déjà été essayé dans d’autres pays, sans résultat. Cela a été essayé deux fois déjà ici et cela n’a pas marché. La production de litchis a baissé de 7%, celle de la mangue a baissé également suite aux deux précédents abattages de chauves-souris. C’est une solution beaucoup trop simpliste, je pense que la situation échappe aux compétences des techniciens.

Avec l’abattage, on donne de faux espoirs aux planteurs, on gaspille les ressources, on se forge une très mauvaise réputation au niveau mondial et on met en danger l’espèce. On viole certaines clauses de l’Animal Welfare Act pour une gestion qui ne marchera pas.

Cette décision est très difficile à comprendre”, souligne Vincent Florens, Associate Professor en écologie à l’Université de Maurice. Pour Vikash Tatayah, Consevation Director à la Mauritian Wildlife Foundation, ce nouvel abattage aura des conséquences graves sur la survie de l’espèce. “À mon avis, son statut sera sans aucun doute revu très prochainement et passera à critically endangered.”