Trois mois après la catastrophe ayant causé la mort de milliers de poissons à Mer-Rouge, les responsables n’ont toujours pas été identifiés. Alors que les pêcheurs se plaignent d’un manque de poissons dans le lagon, des questions subsistent sur l’état de notre environnement marin. Judex Rampaul, du Syndicat des Pêcheurs, se dit en faveur d’une étude sur la question, alors que l’organisation non-gouvernementale Reef Conservation, elle, est d’avis que le lagon commence à mourir.
Le 11 juin dernier, les pêcheurs découvrent avec stupeur des milliers de poissons morts à l’embouchure de la rivière Terre-Rouge. Si un tel phénomène s’est déjà produit dans la région, c’est la première fois qu’il est d’une telle envergure, estiment les pêcheurs. Le plus grave demeure le fait que, trois mois après, les causes exactes ne sont pas encore connues. Dans un premier temps, le ministère de l’Environnement a en effet attribué la mort des poissons à la présence de coliformes. Ces bactéries d’origine fécale auraient absorbé tout l’oxygène dans l’eau.
Le Syndicat des Pêcheurs est, lui, venu avec une contre-analyse quelques semaines plus tard, démontrant, cette fois, la présence de produits chimiques ainsi que le fait que l’eau, à cet endroit, était « heavily polluted ». Le ministère de l’Environnement a émis des doutes sur ce nouveau rapport, se demandant si les précautions nécessaires avaient été prises lors de la collecte de l’échantillon pour les analyses.
Cette situation démontre à quel point notre environnement marin est exposé au danger. Judex Rampaul, président du Syndicat des Pêcheurs, se dit inquiet de la situation : « Dans quel genre de pays vivons-nous ? Trois mois après une telle catastrophe, on n’a pu trouver le responsable de la situation. »
Ce dernier estime ainsi qu’il est temps de commencer à « ouvrir les yeux » sur les dégâts causés à l’environnement marin et leurs répercussions. Il cite en exemple les nombreux bateaux ancrés dans la région du port et se demande si une étude a déjà été réalisée sur l’impact des ancres jetées en mer. « Selon les lois en vigueur, les pêcheurs ne peuvent pas utiliser d’ancres car cela abîme les coraux. Cette loi s’applique aussi aux plaisanciers. Mais qu’en est-il pour tous ces cargos et bateaux de pêche qui arrivent en rade ? »
Il rappelle qu’une ancre pèse entre 10 et 25 tonnes. Or, plus d’une dizaine de bateaux jettent l’ancre chaque jour entre Albion et Balaclava. « Si les coraux sont détruits, c’est l’habitat naturel des poissons qui est atteint. Faut-il ensuite s’étonner que nous n’ayons plus de poissons dans nos lagons ? »