Le projet de front de mer à Pointe-des-Lascars, vieux de neuf ans et identifié en 2003 comme une priorité du ministère de l’Environnement, n’a jamais démarré à ce jour. Le dernier rapport de l’Audit souligne pourtant qu’une enveloppe initiale de Rs 439 875 a déjà été payée sur un budget total estimé à Rs 17 millions. Elle représente des « consultancy fees » pour un nouveau plan paysager, après que les travaux du premier ont été abandonnés par le contracteur initial. Face à ce gaspillage de fonds publics en contrats de consultance et en appels d’offres qui n’aboutissent toujours pas, l’Environnement entend maintenant reprendre les travaux à son compte en les confiant au National Development Unit du ministère des Infrastructures publiques.
Ce projet a trait au réaménagement de l’ancien débarcadère d’extracteurs de sable (Sand Landing Station) dans le but d’en faire un front de mer à portée touristique et qui offrirait des emplois alternatifs aux familles ayant été contraintes d’abandonner cette activité à la fermeture officielle des carrières. Une première ébauche des travaux est commencée en 2003 par le ministère de l’Environment alors que Rajesh Bhagwan était le titulaire de ce portefeuille sous le gouvernement MMM-MSM. Le contracteur d’alors devait cependant abandonner le chantier sans achever les travaux. Le projet demeure un éléphant blanc pendant quelque six ans après l’arrivée au pouvoir du gouvernement Ptr de 2005, avant que le ministre Deva Virahsawmy décide en 2010 de le faire revivre. Un consultant est chargé de revoir les statuts du projet initial et de préparer un nouveau plan paysager. Les travaux sont alors estimés à environ Rs 19,5 millions. Les appels d’offres sont lancés à la mi-mars 2011, mais entretemps à la suite d’une pre-bid site visit, le consultant revoit les coûts à Rs 21,2 millions et Rs 22,2 millions pour deux options proposées. Le rapport de l’Audit indique que ces montants représentent une hausse d’environ 25 % et 31 % respectivement du pre tender estimate de Rs 17 millions et émet la critique suivante : « No explanations were received by the Ministry from the Consultant regarding the variation in cost estimates. »
Le Technical Evaluation Committee (TEC) présidé par le consultant soumet son rapport en mai 2011 au Bid Evaluation Committee du ministère. Des sept offres reçues, le TEC « found only one bid responsive and recommended award of contract to this Contractor for an amount of Rs 25,298,340 for Option 2 », note le rapport de l’Audit. Toutefois cette recommandation est rejetée par le Bid Evaluation Committee du fait que les coûts dépassaient le prix initial du projet par 48 %. Le rapport de l’Audit ajoute par ailleurs que « the recommendations of the TEC had not fully convinced the BEC members of the reasons for rejection of other lower quotes ». Cinq mois après l’appel d’offres, le ministère décide d’annuler l’exercice.
Néanmoins, un paiement de Rs 439 875 avait déjà été effectué en janvier au consultant, représentant environ un tiers des consultancy fees. Le directeur de l’Audit ajoute dans son rapport : « Construction works for the project which were to start in October 2010 and be completed in April 2011, as per Consultant’s work schedule, had not yet started as of end of February 2012. The Ministry is now proposing to carry out the proposed works in-house and by the
National Development Unit of the Ministry of Public Infrastructure with all costs to be borne by the Ministry of Environment. » Neuf ans après le lancement du projet, retour à la case départ.