En dépit des assurances au sujet des mesures prises contre des risques de pollution avec le naufrage du MV Benita au large de Mahébourg, survenu dans la nuit de jeudi à vendredi, les appréhensions sont toujours de mise. Intervenant lors d’une cérémonie officielle pour marquer la Journée mondiale de l’Hydrographie au Caudan, le vice-Premier ministre et ministre des Terres, Showkutally Soodhun, a fait part de ses inquiétudes et a demandé aux spécialistes de l’équipe indienne d’entreprendre une surveillance de la situation aux alentours du cargo drossé sur les récifs. D’autre part, depuis, les Salvors grecs de la Five Ocean Salvage ont débuté les opérations de pompage du fioul à bord du navire, les cuves de moins d’une tonne étant héliportées par rotation.
Showkutally Soodhun se dit inquiet que le port, avec ses équipements – dont un système GPS –, n’ait pu détecter à temps la présence du bateau libérien MV Benita, qui s’est retrouvé en difficulté dans les eaux territoriales de Maurice. « Il y a une ferme de poissons valant Rs 300 millions dans la région. Les dégâts seraient aussi néfastes à notre environnement marin », a-t-il déclaré.
Le vice-Premier ministre a demandé à l’équipe indienne ayant réalisé les cartes hydrographiques du port et de certaines autres parties de l’île d’effectuer un “survey” sur les lieux où se trouve le bateau, au Bouchon, pour évaluer l’étendue des dégâts et les risques que ceux-ci posent à l’environnement marin alentour. L’occasion aussi pour lui de parler de gros développements prévus dans le port bientôt, sans entrer toutefois dans les détails.
En parallèle, la cellule de crise, qui se réunit quotidiennement depuis vendredi, suit de près l’évolution en haute mer. En guise de garantie, les responsables s’appesantissent sur le fait que, depuis le week-end dernier, aucune fuite de “sludge” (cambouis) supplémentaire n’a été notée dans cette région en haute mer. « Nous avons déjà pris des mesures pour contrôler la situation et il n’y a aucune fuite d’huile », fait-on comprendre.
Depuis hier, du fait de l’installation à bord du MV Benita des équipements nécessaires (compresseurs, pompes et raccords), les opérations de pompage du fioul des réservoirs du cargo en détresse ont démarré. Les premiers “cubic tanks” de carburant, de moins d’une tonne, ont en effet été héliportés du pont jusqu’à terre en vue de l’étape de recyclage par la société Vurgin Oil, de Montagne-Blanche. Ce matin, seul un Airvent est en opération, la Five Ocean Salvage prenant les dispositions nécessaires pour en opérer un deuxième, en vue d’accélérer.
Le rythme de pompage d’huile lourde est d’un mètre cube par heure. De ce fait, il faudra attendre six jours pour compléter le délestage des 160 tonnes de carburant à bord. La situation pourrait changer avec l’arrivée de deux nouveaux compresseurs à bord du MV Benita aujourd’hui. La fin de l’opération de pompage étant prévue pour le week-end, les spécialistes de Five Ocean Salvage continuent de peaufiner leur “refloating plan” avec le concours du Coral Sea Flos, un autre remorqueur plus puissant, à partir de jeudi prochain.