« Nou népli kapav siporté », écrivaient des habitants de Ste-Cécile, à Riche-Terre, dans une lettre qu’ils avaient récemment adressée au Premier ministre, Navin Ramgoolam. Pour comprendre ce qui leur est insupportable, il faut aller sur place. Et de préférence un jour de pluie. Pour accéder à leur cour, la plupart des 80 familles habitant ce quartier, situé entre Riche-Terre et Sainte-Croix, doivent emprunter un sentier boueux. Les jours d’averses l’eau stagne par endroits, rendant l’accès encore plus compliqué pour les résidents. Mais tous les jours, qu’il pleuve ou pas, le cours d’eau qui traverse le sentier, scindant le quartier en deux parties, pose d’autres problèmes. En effet, celui-ci est pollué par des ordures et autres produits industriels qui y sont déversés. Ce qui explique l’odeur nauséabonde qui incommode les familles de la région.   
« Depuis 2003, nous n’avons cessé d’alerter les autorités. En vain! », s’indigne Gassen Veeraragoo, porte-parole des habitants de Ste-Cécile. Dossier en mains, il montre les différentes lettres adressées aux députés qui se sont succédés dans la région, au District Council, ministère de l’Environnement entre autres… »Nous avons manifesté devant le pont situé à l’entrée de Ste-Cécile et, plus récemment, devant l’Hôtel du gouvernement. Encore une fois rien de concret n’a été fait. A chaque fois que nous nous faisons entendre, la NDU ou encore l’Environnement dépêchent leurs employés sur place pour nettoyer les lieux. Mais ces mesures sont malheureusement temporaires », explique Gassen Veeramootoo. Pour la majorité des habitants de cette rue, le sentier boueux est l’unique voie qu’ils peuvent emprunter pour se rendre sur la route principale. « Dans de telles conditions, les chaussures d’école s’abîment vite », s’exclame un groupe de mère de familles. De son côté, le propriétaire de la tabagie du coin explique, tout en montrant l’eau accumulée devant l’entrée de sa maison et de son commerce, que ses clients doivent faire preuve d’agilité pour venir jusque-là. « Le pire, c’est qu’aucun véhicule, ni les camions de la voirie ne veulent entrer dans le quartier. Les chauffeurs craignent que leurs roues ne s’embourbent. Ce qui est compréhensible. Mé ki nou pou fer kan pou éna dimoun malad? Okenn lanbilans pa pou lé rant isi », disent encore les mères de famille rencontrées. De son côté, Chitra Hauradhun, mère d’un petit garçon d’un an, explique que l’environnement est propice à la prolifération de moustiques. « Mon bébé est tombé malade à cause des moustiques et a dû être hospitalisé à cause de cela », affirme-t-elle. Par ailleurs, des enfants — pieds nus — rencontrés devant les berges du cours d’eau, présentaient visiblement des signes d’infections cutanées. Toutefois, si l’hygiène y va de la responsabilité des parents, Gassen Veeramootoo, réitère l’urgence d’une intervention des autorités. « Li irzan ki asfalté la ri Ste-Cécile ek larg lalimyer lor kolonn », insiste Gassen Veeramootoo en rappelant que les habitant de la région sont tous propriétaires de leur maisons.