À Rodrigues, les produits en plastique et polystyrène jetables ne sont pas autorisés depuis le 1er janvier 2020. Quid de Maurice ? Dans un entretien accordé au Mauricien l’an dernier, le ministre de l’Environnement, Kavy Ramano, concédait lui-même que les déchets plastiques à eux seuls comptaient pour 14% des déchets municipaux, représentant un total de 76000 tonnes de plastique pour l’année 2018. Deux ans après, où en sont les choses ?

Les Rodrigues Regional Assembly (RRA) Banning of Disposable Plastic Food Items Regulations 2019 sont entrées en vigueur au début de janvier. Donc, tous les produits en plastique et polystyrène jetables ne sont pas autorisés dans l’île. Un deuxième grand pas écologique après l’interdiction des sacs en plastique à Rodrigues en 2014. À Maurice, les choses semblent rester au beau fixe, même si les initiatives écologiques citoyennes vont crescendo et même si les autorités essaient d’ouvrir le dialogue avec tous les acteurs du secteur, au travers des campagnes nationales, entre autres.

Malgré l’entrée en vigueur de l’Environment Protection (banning of Plastic bags) Regulations 2015 il y a quatre ans, les sacs en plastique sont toujours en circulation à Maurice. Dans un document de plusieurs pages, où Platform Moris Lanvironnman (PML) décortique les Assises de l’Environnement tenues les 16 et 17 décembre 2019, les membres du collectif s’interrogent sur la soutenabilité et la durabilité de cette mesure. Ainsi, dans le dernier volet intitulé Solid Waste Management including Plastics, l’ONG s’interroge sur ces supposés produits « biodégradables ». Ces sacs en plastique estampillés « biodégradables » qui pourraient ne pas l’être, ou du moins uniquement en « industrial facilities ». PNL suggère ainsi le retrait définitif de plastique à usage unique et demande que les produits qui n’ont pas été vérifiés formellement comme étant biodégradables et comptables soient retirés du marché. « Only items that degrade in natural conditions to be labelled and marketed as biodegradable or compostable » est ainsi précisé dans le document.

Par ailleurs, selon une étude menée par une équipe de recherche de l’Université de Plymouth au Royaume-Uni, ces sacs prendraient plus de trois ans avant de se désintégrer, tandis que les sacs compostables eux ne prendraient que trois mois. « Une dégradation lente et inquiétante qui vient semer le doute sur la fiabilité des matériaux utilisés. D’après l’équipe de recherche, cette étude révèle d’un manque de preuves claires que les matériaux biodégradables, oxobiodégradables et compostables offrent un avantage environnemental par rapport aux plastiques classiques », est indiqué dans un article du journal anglais The Guardian, qui publie en partie les travaux publiés le 28 avril 2019 dans Environmental Science & Technology. Travaux disponibles en ligne.

En ce qu’il s’agit des bouteilles en plastique, autre fléau environnemental, PNL suggère que des discussions soient entamées entre industriels et autorités pour assurer une transition vers les bouteilles en verre. Par ailleurs, PNL soutient que la taxe que le consommateur paie sur chaque bouteille soit utilisée pour financer et améliorer les exercices de collectes de déchets ainsi que le recyclage des déchets, soit « a national sustainable solid waste strategy that benefits the population. »