L’ONG Environment Protection and Conservation Organisation (EPCO) compte sensibiliser bientôt les Mauriciens, particulièrement dans la région de Moka, au changement climatique, surtout sur « comment bien se préparer à faire face aux catastrophes ».

« Si on se prépare bien avant l’arrivée de la catastrophe, on se protégera mieux. Comme on le fait avant l’arrivée d’un cyclone où on stocke de l’eau, de la nourriture en forme de conserves, des bougies, entre autres. On peut aussi préparer un emergency kit bag, une torche, et des choses de base », déclare Davina Tirvengadum, membre de cette ONG qui a participé le mois dernier à une conférence sur les tsunamis au Japon, où elle a appris beaucoup de choses sur le « preparedness » aux catastrophes naturelles.

Ce projet, dont le financement est assuré par le Canada Fund for Local Initiatives (CFLI), consiste en une exposition 3D itinérante sur le changement climatique (intégration et adaptation), dans quelques villages du district council de Moka, dont Vuillemin, Dubreuil, La Laura et Verdun. Il sera hébergé par le conseil du village de ces localités. « Nous allons expliquer au public ce qui signifie le climat, pourquoi l’été et l’hiver, comment la terre, la lune et le soleil interagissent, la rotation, les marées hautes et marées basses. Il apprendra aussi les différents cycles climatiques, le réchauffement de la terre, la pollution et finalement qu’est-ce qui cause le changement climatique et ses effets sur la planète », indique Daksh Beeharry-Panray, autre membre de EPCO, avant d’ajouter : « Nous ne pourrons arrêter le changement climatique, nous devons nous y adapter. »

Ce concept d’adaptation et d’intégration, Davina Tirvengadum l’a appris lors d’une formation récente au Japon, à laquelle ont également participé 33 femmes venant des îles de l’océan Indien et du Pacifique. « Les participantes étaient toutes des femmes parce que lorsque les catastrophes frappent de par le monde, l’impact est beaucoup plus sur les femmes que sur les hommes. Surtout dans les villages où les femmes s’occupent des tâches ménagères à la maison. Elles sont, donc, plus vulnérables aux catastrophes », souligne-t-elle.

Au Japon, elle a visité plusieurs villes marquées par des catastrophes naturelles, dont Tokyo, Sendai, Osaka et Kobe. A Sendai, elle a vu des écoles et des musées détruits par le passage d’un tsunami en mai 2011 où 75 enfants avaient péri « parce qu’on avait mal évacué la population locale ». « Des experts nous ont parlé des tsunamis et aussi de la communication lors du passage d’une telle catastrophe naturelle », indique-t-elle. Selon Davina Tirvendagum, cette formation lui a été très bénéfique, surtout l’évacuation des gens lors du passage d’une catastrophe. Elle dit avoir assisté à un tel exercice dans une école de Sendai pour des enfants de 6 à 8 ans. « Ces enfants sont assez obéissants. Tous se rencontrent à un point désigné, et on compte les têtes avant de monter plus haut. Ils sont habitués aux tsunamis », rapporte-elle.

Davina Tirvendagum estime que Maurice doit adapter ce concept, « étant donné que notre pays est très vulnérable aux catastrophes naturelles, dont des flash floods, des grosses pluies, des cyclones et autres ». « L’incendie de Shoprite récemment nous montre que nos services ne sont pas prêts à affronter de telles catastrophes. Le preparedness est important, il faut faire de tels exercices partout drills, dans les écoles, les usines, les bureaux », souligne notre interlocutrice.