La fin de la semaine écoulée a été placée sous le signe d’une accélération des préparatifs pour la mise en place des mécanismes d’intervention en cas de manifestation du virus Ebola sur le territoire mauricien. Les réunions de travail, présidées par le ministre de la Santé Lormus Bundhoo, avec ses principaux lieutenants de même que des séances de briefing avec des représentants de médecins du privé, se sont succédé devant l’avertissement des autorités internationales de la Santé à l’effet que ce virus, originaire de l’Afrique de l’Ouest, présente un potentiel dévastateur de propagation. En sus du renforcement du contrôle au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport et dans le port, le ministère de la Santé est déjà en veille sanitaire auprès des Mauriciens et des ressortissants étrangers venant de cette région d’Afrique et qui ont débarqué à Maurice récemment.
Les contrôles aux frontières, notamment à l’aéroport, indiquent que depuis le 1er juillet dernier, 23 Mauriciens et une cinquantaine de ressortissants étrangers ont débarqué à Maurice en provenance des pays à risques en Afrique de l’Ouest. Ces quelque 75 personnes font déjà l’objet d’une surveillance à toute épreuve d’autant plus que parmi les Mauriciens se trouvent un groupe de 15 employés d’une société mauricienne envoyés travailler sous contrat dans un des pays de l’Afrique de l’Ouest.
« Même si ces Mauriciens et ces étrangers viennent de pays de cette région d’Afrique et non spécifiquement du Sierra Leone, le foyer de l’épidémie du virus Ebola, nous avions déjà pris les premières précautions. Tous ces passagers débarquant au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport ont été soumis à des tests de dépistage du virus Ebola et également de détection d’autres vecteurs épidémiologiques. Ces examens n’ont rien révélé. En plus, nous continuons à assurer une surveillance de ces cas », fait-on comprendre officiellement au ministère de la Santé en guise d’assurance.
D’autre part, le ministère de la Santé a eu des consultations avec des représentants de cette société mauricienne ayant des employés sous contrat en Afrique de l’Ouest pour renforcer la coopération et le monitoring même si jusqu’ici aucun élément inquiétant n’a été révélé. « Nous avons eu des consultations avec des membres de la direction au sujet des premières manifestations du symptôme et des mesures à prendre en cas de besoin. Nous sommes en contacts réguliers avec des passagers mauriciens aussi bien qu’étrangers », rassure-t-on officiellement du côté du QG du ministère de la Santé.
Campagne de prévention
Avec la réunion de jeudi au ministère de la Santé, tout le mécanisme de vigilance et de détection du virus Ebola a été amorcé et la coopération des médecins du privé également embrigadée. Ainsi, dans un premier temps, même si aucun cas avéré n’a été établi jusqu’ici, les principales mesures adoptées comportent l’identification des wards d’isolement dans des hôpitaux appelés à traiter ces cas, les membres du personnel médical et paramédical choisis pour monter en première ligne ou encore la logistique nécessaire.
En l’absence de tout vaccin contre le virus Ebola, même si plusieurs sont encore à l’étape des tests cliniques, la principale recommandation de l’OMS est que « to help control further spread of the virus, people that are suspected or confirmed to have the disease should be isolated from other patients and treated by health workers using strict infection control precautions ».
Des précautions particulières sont envisagées en vue d’assurer un maximum de protection aux membres du personnel hospitalier. La documentation officielle de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) met en garde contre le fait que « health workers have frequently been exposed to the virus when caring for Ebola patients. This happens because they are not wearing personal protection equipment, such as gloves, when caring for the patients ».
D’ailleurs, l’OMS attire l’attention sur le fait qu’en cas d’épidémie d’Ebola, les personnes les plus à risques sont des membres du personnel médical et paramédical, les membres de la famille ayant côtoyé les porteurs du virus ou encore les employés des pompes funèbres engagés lors des enterrements.
A cet effet, le ministère de la Santé a déjà initié des procédures en vue de bénéficier de l’expertise disponible à l’OMS pour renforcer la campagne de prévention ou encore pour encadrer le personnel des hôpitaux à Maurice.
En attendant, sur le plan local, les médecins du privé ont été informés de l’évolution et des mesures à prendre en cas détection de la présence du virus Ebola chez leurs patients (voir plus loin la réaction du président de l’association des médecins du privé). D’autre part, un Desk spécial a été aménagé au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport pour rapporter tout cas suspect à l’arrivée.
Des numéros de téléphone d’urgence ont également été communiqués aux médecins du privé pour se mettre en contact avec l’inspectorat de la Santé, soit le 8924 pendant les heures de bureau de 9 heures à 16 heures en semaine et les numéros suivants après la fermeture administrative, en l’occurrence le 8925 à l’hôpital Jeetoo pour la région de Port-Louis, le 8926 (SSRNH) pour le Nord, le 8927 (hôpital de Flacq) pour l’est, le 8928 (PMOC) pour les Plaines-Wilhems et le 8929 (hôpital Nehru) pour le Sud.