Avec l’arrivée annuelle combinée d’environ 10 500 touristes du Brésil et d’Amérique du Nord chaque année, Maurice n’est pas à l’abri de la propagation du virus Zika. Celui-ci, qui peut atteindre nos côtes, est propagé par le même virus que celui qui transmet la fièvre dengue ou le chikungunya. Il ravage le cerveau des nouveau-nés. Le ministère de la Santé rassure qu’il existe depuis 2009 un protocole pour faire face à toute éventualité.
Selon la presse internationale, le virus Zika, qui touche actuellement la Colombie ainsi que le Brésil, gagne peu à peu du terrain en Amérique du Nord. Plus de 3 000 cas de malformations du crâne chez les nouveau-nés ont été jusqu’ici rapportés au Brésil. Entre octobre 2015 et la première semaine de 2016, la Colombie a pour sa part répertorié 10 837 cas confirmés et 1 918 cas suspects du virus Zika. Toujours selon la presse internationale, une agence de veille sanitaire locale a rapporté, le 15 janvier, un début d’épidémie en Martinique et en Guyane, avec respectivement 47 et 15 cas confirmés. Le même jour, selon le site Internet du magazine Science et Avenir, les États-Unis ont signalé le premier cas de Zika et Haïti a annoncé la présence du virus sur son territoire.
« La particularité de ce virus est que 80 % des cas sont asymptomatiques, c’est-à-dire que la grande majorité des personnes atteintes ne savent pas qu’elles sont infectées », ajoute le magazine scientifique en ligne Science et Avenir, en citant le directeur général de l’agence régionale de santé de la Martinique et de la Guadeloupe, Patrice Richard, lors d’une conférence de presse. Le magazine en ligne indique que face à une augmentation anormale du nombre de cas de microcéphalie (une boîte crânienne dont le diamètre est inférieur à la normale) chez les nouveau-nés en 2015 (2 782 cas au 31 décembre 2015), comparées aux années précédentes, les autorités sanitaires brésiliennes avaient engagé des investigations pour établir son origine. Les soupçons se sont rapidement portés sur le virus Zika lorsque ce dernier a été découvert chez un nourrisson décédé, atteint d’une malformation du crâne et d’autres maladies génétiques.
Selon les experts, le virus Zika est transmis par le moustique Aedes aegypti ou le moustique tigre (Aedes albopictus), également porteur de la dengue et du chikungunya. On se souviendra que Maurice avait été touchée quelques années de cela par une sévère épidémie de chikungunya. Et occasionnellement, des cas isolés de dengue sont rapportés aux autorités sanitaires. À Maurice, le moustique Aedes albopictus est responsable de la transmission de la dengue. Le virus se transmet à l’homme par la piqûre de la femelle infectée. Le chikungunya se transmet pendant le jour quand le moustique Aedes albopictus pique une personne infectée de chikungunya. L’insecte devient alors vecteur et contamine les autres personnes qu’il pique. Selon le Health Statistics Report 2014 (Site Internet du ministère de la Santé et de la Qualité de la Vie), 2 cas de chikungunya, importés ou introduits, ont été rapportés en 2014. Le même rapport indique que 64 cas de dengue ont également été rapportés pour la même période, dont 44 localement transmis.
Maurice court-elle le risque de voir sur son territoire une propagation du virus Zika, avec l’arrivée de 1 949 touristes du Brésil et 8 586 des États-Unis (en 2015, selon Statistics Mauritius) ? En l’absence d’Anil Gayan du pays, une source au ministère de la Santé et de la Qualité de la Vie a fait ressortir qu’il existe depuis 2009 un protocole établi intitulé « Operational Plan for the Prevention and Control of Chikungunya and Dengue in the Republic of Mauritius ». Notre source rassure : « Ce protocole ayant fait ses preuves dans le passé, nous avons toutes les raisons de penser que Maurice est préparée à faire face à toute nouvelle menace d’épidémie importée. »