La Senior Chief Executive Officer du ministère de la Santé, Jaya Veerapen, a annoncé la composition du comité multisectoriel constitué pour prévenir tout cas de peste à Maurice lors d’un point de presse hier après-midi. Des représentants de plusieurs ministères, du Joint Economic Council, des institutions de santé privées et des médecins exerçant dans le privé y siègent.
Le ministère de la Santé s’est assuré d’un partenariat public/privé pour les campagnes de sensibilisation, le nettoyage des endroits publics, la dératisation et la détection précoce de cas suspects de peste. Ces mesures ont été rendues nécessaires après que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a donné l’alerte sur les risques de propagation de l’épidémie de peste à Madagascar. Les arrivées au port et à l’aéroport font déjà l’objet de contrôles stricts. Les navires sont en effet fouillés et les passagers en provenance de pays à risques sont suivis par l’inspectorat sanitaire. Le contrôle de la propagation de rongeurs et la propreté de l’environnement sont les moyens de prévention mis en oeuvre pour lutter contre la peste.
Le ministère des Administrations régionales est chargé de la dératisation des endroits publics, notamment des marchés et des drains, des terrains en friche et des berges de rivières, et de la collecte des ordures ménagères afin d’éviter la propagation de rats, vecteurs de la peste. Le ministère de l’Agro-industrie, lui, exercera de son côté une surveillance sur les animaux sauvages et domestiques et sur l’importation d’animaux en provenance des pays affectés par la peste. Il sensibilisera en outre les producteurs alimentaires, notamment de volailles, et sensibilisera les travailleurs agricoles. Le ministère du Tourisme aura pour sa part à sensibiliser les hôteliers en vue de l’identification précoce de cas suspects de peste et le nettoyage de leur environnement.
Les ministères de l’Éducation et celui des Institutions éducatives tertiaires, outre la sensibilisation, s’emploieront, eux, à appliquer les mesures de contrôle des rongeurs dans leurs établissements. Enfin, les institutions de santé privées et les médecins exerçant dans le privé ont été formés pour détecter de manière précoce les cas suspects de peste et préserver la propreté de leur environnement. Le Joint Economic Council relaiera les informations parmi les stakeholders et le personnel du secteur privé et participera aux diverses task forces.
Depuis le début de l’année, quelque 138 cas peste ont été rapportés dans la Grande Île, où l’on déplore déjà 47 morts du fait de la maladie. Pas moins de 119 cas sont répertoriés lors de la dernière flambée épidémique de novembre, dont 40 morts. L’épidémie gagne du terrain jusqu’à atteindre la capitale malgache, Antananarivo, où elle a déjà fait un mort. À noter que la peste a été éradiquée à Maurice depuis 50 ans.
La peste est une maladie qui affecte les rongeurs et qui est transmise par les insectes à d’autres animaux ainsi qu’aux humains. Il n’existe pas de cas de transmission d’homme à homme, excepté dans les cas de pneumonie causée par l’infection lors de contacts étroits entre humains. Elle est causée par une bactérie, l’Yersinia pestis. En l’absence d’un traitement précoce, 50% à 60% des cas de peste s’avèrent mortels. Aucun vaccin n’est commercialisé à ce jour, hormis un vaccin mis au point par l’Institut Pasteur pour la protection des laborantins. Le traitement de la peste consiste en l’administration d’antibiotiques.