Le ministère de la Santé doit expliquer cette semaine devant l’Equal Opportunities Commission pourquoi il est obligatoire de décliner son orientation sexuelle avant de faire un don de sang. Cela fait suite à la plainte d’un jeune homme qui estime être victime de discrimination en raison de ce règlement. Plainte dirigée vers la Blood Donors Association. Il s’avère cependant que c’est la Santé qui donne les directives à ce sujet.
L’Equal Opportunities Commission (EOC) a enregistré sa première plainte basée sur l’orientation sexuelle il y a quelques semaines. Un jeune homme explique n’avoir pu faire don de son sang car il a refusé de répondre à une question du formulaire à remplir. Celui-ci demande au donneur de préciser s’il a déjà eu une relation homosexuelle. Pour le plaignant, une telle question vise à stigmatiser la communauté gay. Il ne comprend pas pourquoi un homosexuel représenterait plus de risques qu’un hétérosexuel.
Invité à donner sa version des faits devant l’EOC, le président de la Blood Donors Association a fait comprendre que tous les libellés du questionnaire viennent du ministère de la Santé. Un officier de ce ministère, dépêché auprès de la commission, n’a pu à son tour répondre aux différentes questions. L’EOC a alors décidé de convoquer le directeur de la Santé cette semaine pour fournir les explications nécessaires.
Interrogé à ce sujet, le président de l’EOC Brian Glover laisse entendre qu’il compte proposer le remplacement de la question contestée par la suivante : « Avez-vous eu des rapports sexuels non protégés ? » Cela s’appliquerait alors à tous les donneurs, indépendamment de leur orientation sexuelle. M. Glover soutient également que la sodomie est condamnable sous le Code Pénal et que répondre à une telle question signifierait faire un aveu de culpabilité.
Il semblerait toutefois que la question d’orientation sexuelle fasse partie des critères établis par l’Organisation mondiale de la santé. Au sein des différentes organisations concernées par le don de sang, la communauté gay est considérée comme étant un « high risk sector ». Il reste à savoir si la plainte devant l’EOC pourra contribuer à changer cette perception pour Maurice.