L’affaire Hewlett Nelson constituait l’un des premiers cas enregistrés à l’Equal Opportunities Commission (EOC) en 2012. En l’absence d’un compromis entre les deux parties, la commission avait transmis son tout premier dossier à l’Equal Opportunities Tribunal (EOT), présidé par Denis Vellien. Le verdict est tombé hier : le Paradox Night Club devra verser Rs 50 00 à la plaignante pour préjudice.
Dans sa plainte, Hewlett Nelson a expliqué que le 6 janvier 2012, vers 23h, elle s’est rendue au Paradox Night Club à Rose-Hill en compagnie de sa famille. Mais l’entrée lui a été refusée parce qu’elle était en fauteuil roulant. Elle dit avoir été « humiliée d’entendre l’agent de sécurité dire à son sujet : sa pa pou rantre sa. »
Son époux a demandé à parler au directeur du club qui a confirmé les dires de l’agent de sécurité. Il devait même lancer : « Al get gard », selon la plainte présentée par Me Erickson Mooneapillay. La victime dit avoir été d’autant plus surprise que c’était la deuxième fois qu’elle se présentait à cette boîte de nuit et la première fois, l’accès lui avait été autorisée.
Dans sa défense, Toolsy Boyjoo, directeur du Paradox, représenté par Me Ivan Collendavelloo, a expliqué que ce refus avait pour but de « protéger » la plaignante car il n’a pas les dispositions nécessaires pour l’évacuer en cas de danger, comme un incendie. Il a aussi expliqué qu’il ne pouvait faire des modifications au bâtiment pour faciliter l’accès aux personnes en fauteuil car il n’en était que le locataire.
Dans ses findings, le tribunal a fait comprendre que le respondent n’a pu démontrer de manière convaincante que son refus était fondé sur la sécurité de la plaignante. De même, il n’a pu démontrer que toute modification au bâtiment relèverait d’un « unjustifiable hardship » à la personne.
Le tribunal a donc conclu que l’accusé a agi de manière discriminatoire en refusant l’accès au club à la plaignante. « The Tribunal finds that the complainant has established that the respondent has acted discriminately by refusing to allow her access on the ground of her physical impairment. » La plaignante avait réclamé des dommages de Rs 500 000, mais le tribunal a jugé que « Rs 50 000 as compensation is a fair and reasonable figure. »
Toolsy Boyjoo doit s’aquitter de cette somme dans un délai d’un mois. Il peut aussi choisir de faire appel contre ce jugement.