La Equal Opportunity Commission (EOC), l’instance de redressement mise sur pied par le gouvernement et que préside l’avocat Brian Glover, a été saisie, depuis le début de l’année dernière, d’un cas dans lequel un ancien cadre de la Development Works Corporation, de surcroît un syndicaliste, se plaint d’avoir été le seul à être privé d’un emploi alternatif après la fermeture de la corporation. M. Georges Sooprayen, le plaignant, soutient que, selon lui, le sort qui lui a été infligé découlerait soit de simple pratique de favoritisme de la part du gouvernement, soit en raison de son engagement syndical. Il dit attendre que la commission lui rende justice…
Georges Sooprayen était un des cinq anciens employés de la DWC qui, en décembre 2007, avaient entamé une longue grève de la faim pour protester contre la décision du gouvernement de fermer la DWC et de licencier entièrement son personnel.
Dans une lettre adressée au président de l’Equal Opportunity Commission, Me. Brian Glover, le 12 juillet de l’année dernière, il a, d’abord, annexé une liste de noms d’employés de l’ex-DWC qui, au moment de la fermeture de la corporation, furent contraints de prendre leur retraite volontaire du fait qu’ils étaient âgés de plus de 50 ans. Ensuite, Georges Sooprayen a énuméré diverses raisons dont nous en avons retenu trois qui, à son avis, tendent à établir qu’il a été victime de favoritisme et de discrimination. Ces raisons sont les suivantes :
1) Il a été l’unique Head of Division de la DWC qui ne s’est pas vu offrir un poste alternatif malgré de multiples démarches auprès des corps constitués et des organisations privées alors que presque tous ses autres collègues du même grade licenciés ont été réemployés avec mêmes salaires et conditions dont ils jouissaient avant la fermeture de la corporation et ont même vu leurs salaires révisés avantageusement par le rapport du Pay Research Bureau (PRB) de 2008.
2) Après plusieurs jours de grève de la faim (épreuve de force qui avait d’ailleurs ému le pays tout entier et entraîné une forte mobilisation des forces vives), il y eut un accord avec le gouvernement pour que les licenciés qui ne pourraient être réemployés nulle part obtiennent une portion de terre afin de lancer une entreprise (à ce stade, Georges Sooprayen cite le cas de son ex-collègue, M.K. Bucktowar, un Internal Controller, qui, suite à une promesse du gouvernement de lui offrir un terrain à bail à Flic-en-Flac, a soumis un projet d’entreprise, mais qui a, finalement, essuyé un refus net des autorités).
3) Georges Sooprayen déclare qu’il avait été nommé Senior Purchasing Officer de la DWC en 2005, soit deux ans avant la fermeture, et qu’il était sur la voie d’être promu Principal Purchasing Officer suite au départ du titulaire de ce poste à la retraite. Il a été pénalisé avec l’arrêt des activités de la corporation car, s’il avait obtenu la promotion due, il aurait perçu quelque Rs 1.7 million jusqu’à ce qu’il atteigne l’âge de la retraite normal de 60 ans (et cela sans tenir compte de la révision salariale recommandée en 2008 par le PRB). Ce qui est un manque à gagner conséquent et fort injuste !
Dans sa lettre à l’Equal Opportunity Commission, Georges Sooprayen a demandé à Me. Brian Glover de rétablir « la justice » pas pour lui seulement, mais également pour son ex-collègue, M. Buctktowar. Cependant, l’ancien gréviste de la faim exprime haut et fort sa profonde conviction qu’il a été victime, personnellement, de « favoritisme et de discrimination peut-être en raison de son engagement syndical ».
Les noms des plus chanceux
Pour soutenir ses arguments que tous ses ex-collègues du même grade administratif que lui ont « tous » été mieux traités, réemployés ou mutés après leur licenciement et que certains sont encore en poste, Georges Sooprayen a signalé à l’EOC les faits suivants :
— A la fermeture de la DWC, en 2007, celui qui en était le directeur-général, M. Daneshswar Soobrah s’est vu offrir au ministère des Finances le poste de responsable de la construction de la Custom House et du nouvel hôpital Dr. Jeetoo.
— Un Technical Manager au Q/S Dept. de la DWC, qui avait déjà opté pour sa retraite volontaire, a d’abord été redéployé à la National Transport Corporation (NTC), puis muté à la National Development Unit.
— Un comptable travaille actuellement comme Financial Manager de la Sugar Industry Labour Welfare Fund Board. En premier lieu, il s’était vu proposer un emploi à l’Agricultural Marketing Poard.
— Un officier en charge des ressources humaines, qui a lui aussi pris sa retraite volontaire, travaille dorénavant à la Central Water Authority.
— Un Transport Superintendant, initialement posté à l’AREU est aussi aujourd’hui à la CWA.
— Une Confidential Assistant a été mutée à la Waste Water Management Authority.
— Une secrétaire du Board de la DWC et un collègue, tous deux aujourd’hui décédés mais qui avaient pris la retraite volontaire, avaient été envoyés à la Mauritius Broadcasting Corporation.
— Un retraité volontaire depuis 1995, a été régulièrement recruté et a travaillé pour différents corps para-étatiques. Il est maintenant posté à la Road Development Authority. A l’opposé, M. G. Sooben, un grévistes de la faim, a systématiquement postulé pour un emploi de Clerk, mais en vain.
— Un autre retraité volontaire, a pu lui se faire employer comme Account Officer au Mauritius College of the Air.
Dans sa lettre, Georges Sooprayen a pris soin de préciser que « je suis très heureux que tous ces chefs de section âgés de plus de 50 ans comme moi ont pu retrouver un emploi. Toutefois, il me peine que le gouvernement a été incapable de me trouver un poste équivalent comme Head of Procurement and Supply Department, ce qui me confirme qu’il y a eu clairement en ce qui me concerne de la discrimination et pratique de favoritisme ».
Georges Sooprayen dit espérer que l’EOC ne trouvera pas qu’il y a prescription dans son cas (Time-barred) parce que les faits se sont déroulés il y a maintenant six ans surtout quand on tient compte du fait que la Commission Justice et Vérité a démontré que même si les méfaits de l’Esclavage et du travail engagés ont eu lieu du temps de la colonisation française et anglaise, il est toujours possible, si la volonté existe, d’y apporter réparation.