En visite à Maurice entre vendredi et mercredi dernier, le Français Jean-Philippe Camboulives, émissaire de la Solidarité FEI, a visité deux des trois clubs hippiques du pays. Son premier bilan, quelques heures avant son départ, fait état d’un niveau intéressant. Mais selon lui, Maurice ne doit pas rater « le train du haut niveau. »
La première question a naturellement porté sur le niveau mauricien. « J’ai visité deux clubs et j’ai été agréablement surpris par le niveau des cavaliers et des chevaux », avance Jean-Philippe Camboulives. Dans son premier bilan, il fait aussi un survol des infrastructures. « Là encore, vous n’avez rien à envier. On voit que les carrières mauriciennes ont été pensées et conçues pour accueillir des événements internationaux. »
Le but de sa visite à Maurice, diligentée par la Fédération équestre internationale (FEI), sous l’égide du département Solidarité, est donc de voir comment aider la Fédération mauricienne de sports équestres (FMSE) à mettre sur pied des axes de développement. « En fait, nous essayons de voir comment aider Maurice à entrer dans le train du haut niveau. Peut-être pas dans les premiers wagons, mais que Maurice y soit serait une bonne chose pour la discipline. »
Il dit avoir repéré quelques jeunes cavaliers qui ont un certain talent. « Ce qui est bien, c’est que 80% de la population des cavaliers est âgée de moins de 25 ans, et ils ont été bien formés. Maurice a donc une bonne structure de formation », poursuit Jean-Philippe Camboulives.
Mais aussi, il faudrait capitaliser sur les forces de l’équitation mauricienne. « Par exemple, il y a Lambert Leclézio, qui est un garçon qui fait de bonnes performances en voltige. S’il continue sur la voie, il devrait, et je l’espère, se qualifier pour les championnats du monde l’année prochaine. »
Pourtant, et même si toutes les conditions sont réunies, la progression de Maurice par rapport aux autres nations se heurte à un écueil. Et pas n’importe lequel. « Les chevaux que j’ai vu en action sont en général d’anciens chevaux de courses. C’est là le plus gros problème que Maurice rencontre », soutient Jean-Philippe Camboulives.
Mais il tient malgré tout à rendre hommage aux entraîneurs des différents clubs. « Ils sont sensibles à cet aspect de la reconversion. Mais il faut quand même réfléchir à un moyen pour savoir comment aider Maurice. »
Le but de la Solidarité de la FEI est d’aider les fédérations nationales à atteindre un certain niveau de développement afin de figurer dans la liste du haut niveau. « Nous suivons les fédérations jusqu’à un certain point, puis on se retire petit à petit. » Il cite en exemple l’Afrique du Sud et le Brésil, deux pays qui ont fait partie du programme d’aide de la FEI. « Maintenant, on voit qu’ils ont des structures qui ont permis à leurs cavaliers d’atteindre le niveau mondial. »
Pour l’instant, il a défini trois axes de travail. Dans un premier temps, il planchera sur un coaching system. « Ce travail pourrait s’effectuer en collaboration avec Madagascar. Ils rencontrent plus ou moins les mêmes problèmes que Maurice », indique-t-il. Ensuite, Jean-Philippe Camboulives envisage de faire la même chose pour la voltige. « Il y a un potentiel intéressant. Mais pour qu’il soit bien exploité, il faut des coaches bien formés. »
Et dans un dernier lieu, regrouper les pays du groupe IX de la FEI, dont le Kenya, le Zimbabwe, l’Afrique du Sud, le Botswana et la Namibie. « Ce sont des pays qui avaient connu de bons débuts. Certains ont progressé, d’autres ont rencontré des soucis en cours de route. Mais je constate qu’à Maurice on ne part pas de rien. Nous espérons seulement que Maurice entre dans le train du haut niveau », conclut-il.