Dans le cadre de la Journée mondiale du refus de la misère, l’artiste et travailleur social Alain Auriant, coordinateur d’activités de l’ONG Sa Nou Vise nous livre ses observations. Il soutient que le nombre d’ONG et de fondations suffit pour l’éradication de la pauvreté et avance diverses propositions.
Sa Nou vise travaille depuis plusieurs années à Rose-Belle avec les familles les plus démunies de cette région. À son siège, diverses activités sont offertes afin de faciliter la vie des habitants de la localité. Alain Auriant affirme que la formule adoptée par Sa Nou Vise ne cesse de porter des fruits grâce à la collaboration des firmes privés et des autorités. Pour lui, l’installation d’établissements polyvalents dans divers quartiers défavorisés aiderait à diminuer la pauvreté. « Dans chaque quartier pauvre, l’État pourrait mettre en place des structures où seraient disponibles des services de psychologues, d’accompagnement scolaire, de guide d’emploi, de sécurité sociale aussi bien que des soins santé dans le but de favoriser le développement intégral des familles pauvres », soutient-il en revenant sur les projets de village intégré. Pour lui, offrir un toit à une famille pauvre ne suffit pas « pour la sortir de la misère ». Il considère impératif que l’État prône une proximité des services afin de permettre le développement socio-économique du pays. « C’est vrai que l’État propose des maisons aux familles reconnues pauvres mais qu’en est-il de l’accessibilité des services ? » Selon notre interlocuteur, tous ces services sont d’une importance capitale pour ceux qui se retrouvent dans le besoin. « Lorsqu’elles font face à des difficultés, ces familles ne savent pas vers qui se tourner et celles de Rose-Belle viennent solliciter l’aide de Sa Nou Vise afin de sortir la tête hors de l’eau ». Il n’est pas important que ces services soient opérationnels sept jours sur sept dans ces divers quartiers : « Il suffit qu’il y ait un planning afin que les bénéficiaires sachent quand y avoir accès. » C’est pourquoi il lance un appel aux autorités pour qu’il y ait un suivi des projets mis en place pour éliminer la pauvreté.
Outre le développement à deux vitesses ainsi que l’écart qui se crée entre les riches et les pauvres avec la perte du pouvoir d’achat, Alain Auriant estime que l’État a, à son actif, assez de ressources afin d’éliminer l’extrême pauvreté du pays. « Je ne comprends pas pourquoi on dit qu’il existe à Maurice une extrême pauvreté puisque le pays est en voie de développement. Nous avons de l’emploi. Il suffit uniquement que les parlementaires puissent cerner le problème afin favoriser un travail avec les organisations, la société civile et les firmes privés ». Il estime qu’il est important qu’il y ait une planification bien réfléchie des structures mis en places par l’État afin que la pauvreté diminue dans le pays. Pour lui, le nombre d’associations et de fondations est suffisant pour éradiquer la pauvreté. La mise en place de services accessibles dans les régions défavorisées pourrait vite changer le paysage dans ces zones, estime Sa Nou Vise. Pour cela il suffirait que la National Empowerment Foundation (NEF) cesse d’agir en tant qu’ONG et restructure ses priorités.
Aujourd’hui, Sa Nou Vise compte offrir un déjeuner aux personnes démunies de Rose-Belle.