« Amendement à la Public Gathering Act : Nou le ! Non à l’amendement aux lois du travail », scandaient hier matin les membres du Congress of Independent Trade Union (CITU) lors d’une manifestation contre les modifications à l’Employment Rights Act (ERiA) et l’Employment Relations Act (EReA). Le mouvement de contestation a débuté devant le centre social Marie Reine de la Paix à Port-Louis, vers midi hier et s’est achevé vers 13 heures au Jardin de la Compagnie.
« Si ena lamandman, sa de lalwa-la pou fer ravaz dan pei », a lancé Dewan Quedou, président du Mauritius Trade Union Congress (MTUC) aux participants avant le début de la manifestation. Soutenu par les membres du CITU, du Joint Negociating Panel/General Workers Federation (JNP/GWF) entre autres, il a indiqué les failles que comporte une telle modification, principalement pour la classe des travailleurs. D’où l’engagement officiel des membres du CITU aujourd’hui dans une bataille contre l’amendement de l’ERiA et de l’EReA. « Nous avons désormais une bonne maîtrise du sujet et nous pourrons nous battre pour les droits des travailleurs que nous défendons », a soutenu Suraj Ray. Le président du CITU relève par ailleurs une mobilisation positive chez les employés. Selon lui, il s’agit d’une prise de conscience des citoyens face au mauvais choix des autorités au sujet des lois du travail.
Devanand Ramjuttun du JNP/GWF a soutenu, lui, l’importance de la mobilisation des travailleurs en vue de défendre leurs droits sur cette question. « Si lalwa-la ti dan lintere travayer, pa patrona ki ti bizin desann lor lari ? », a-t-il demandé.
Selon lui, le ministre du Travail, Shakeel Mohamed, aurait cédé à la pression du patronat.
Les manifestants sont d’avis que ces amendements ne permettront pas au salarié de bénéficier du soutien d’un syndicaliste en cas de négociation avec le patronat. « Ou trouv ene ti anploye ki na pena formasion syndikal kapav manz ek patron pou negosie saler ou kondision travay ? » Et d’ajouter que ces mesures remettent en question le droit de grève. Des amendements, qui selon les protestataires, représentent « la mort » de la classe des travailleurs. Le CITU et d’autres syndicats feront parvenir un rapport sur ces deux lois à l’Organisation internationale du travail afin de présenter le climat du travail dans le pays. Ce document sera rédigé à l’issue d’une journée de travail des syndicalistes demain à Grande-Rivière-Nord-Ouest.