Ernesto Guevara et des compagnons de l’Ejército de Liberación Nacional tentent de fomenter une révolution en Bolivie. Affamés, malades, traqués par l’armée, les guérilleros n’arrivent pas à éveiller la conscience révolutionnaire des paysans boliviens. Le Che est exécuté le 9 octobre 1967.
Le campement des Cubains monté dans le ravin de Quebrada del Yuro est encerclé par deux mille soldats boliviens. Le Che et sa poignée de combattants sont coincés. “Je ne sais pas pourquoi, mais je crois que nous sommes arrivés au dernier combat”, confie-t-il à ses compagnons. Les militaires s’apprêtent à donner l’assaut. Une première balle déchire la jambe du Che. Une deuxième fracasse son fusil. Des soldats boliviens foncent sur lui l’arme au poing. Ernesto sait qu’il est arrivé au bout du chemin. À 39 ans, c’est à son tour de mourir. Il n’a pas peur. N’a-t-il pas quitté volontairement La Havane pour se battre au Congo puis en Bolivie ?
La mort est sa compagne depuis longtemps. À de nombreuses reprises, elle s’est penchée sur lui. Mais cette mort, le Che aime la donner aux contre-révolutionnaires. Cet homme au regard si doux était aussi un impitoyable tueur. Sur un champ de bataille, mais aussi dans la salle d’un tribunal. “Procureur suprême” de la prison à La Havane, il a signé l’arrêt de mort d’environ 500 partisans de Batista lors de procès vite expédiés.