Quelque 3 150 personnes vont directement bénéficier des mesures de protection côtières programmé pour Maurice par le ministère de l’environnement. Ces personnes seraient directement ou indirectement menacées par les impacts du changement climatique. C’est ce qu’a révélé, ce matin, au Hennessy Park Hotel, Ebène, le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Deva Virahsawmy, à l’ouverture d’un atelier sur un programme d’adaptation au changement climatique dans nos zones côtières.
« Les mesures de protection côtière que le gouvernement se propose de mettre en place vont bénéficier directement à 3 150 personnes dont l’emploi, les maisons et les familles sont à présent menacés par l’érosion côtière, le déferlement des vagues cycloniques et les raz de marée », a révélé le ministre de l’Environnement dans un discours au ton alarmiste. Deva Virahsawmy intervenait ce matin à l’ouverture d’un atelier un programme d’adaptation au changement climatique sur nos zones côtières, en présence, entre autres, du ministre des Collectivités locales Hervé Aimée, du UNDP Resident Representative Simon Springett, de la UNDP Regional Technical Advisor Jessica Troni, du nouveau secrétaire général de la Commission de l’océan Indien Jean-Claude de l’Estrac, du Permanent Secretary au ministère de l’Environnement P. Jhugroo et de la Directrice du Department of Environnement Dominique Ng.
« Notre présence aujourd’hui est une indication claire et nette que la menace du changement climatique est sérieuse et urgente », a ajouté le ministre. « Aucun pays, aussi grand ou petit, riche ou pauvre, ne peut échapper aux impacts du changement climatique. La montée des eaux des océans menace toutes les côtes ».
Selon Deva Virahsawmy, près d’un quart de la population mondiale vit à moins de 100 km des zones côtières. « On estime que cette population va augmenter de 1,2 milliard en 1990 à 1,8 milliard et même à 5,2 milliards d’ici 2080 », a-t-il indiqué. « Cela implique que des petits États insulaires en développement comme Maurice auront à faire face aux risques croissants des impacts du changement climatique. Et nos zones côtières sont d’une importance capitale pour le tourisme local et international et notre industrie de pêche ».
Le ministre a précisé qu’il y a 100 plages publiques autour de l’île Maurice, d’une longueur totale de 32 km, représentant 12 % de nos côtes. « De cela, 23 % connaissent déjà une érosion côtière accélérée depuis les dix dernières années. Outre ces plages, d’autres sites ont connu des déferlements de vagues cycloniques et des inondations dans un passé très récent ».
Nos côtes et nos plages, a poursuivi Deva Virahsawmy, doivent avoir une attention spéciale en termes de politiques et de mesures d’adaptation qui les rendraient résilientes et durables. « C’est dans ce contexte que mon ministère est en train de mettre en oeuvre le projet “Climate Change Adaptation Programme in the Coastal Zone of Mauritius” », a-t-il affirmé. « Nous n’allons pas attendre le pire pour réagir », a-t-il commenté avant de rappeler les objectifs de cet atelier (voir plus loin).