Dans un rapport long d’une trentaine de pages sur une évaluation des mesures prises jusqu’ici par le gouvernement pour combattre le problème de l’érosion côtière à Maurice, le Directeur de l’Audit estime que le ministère de l’Environnement doit avoir le rôle principal dans cette lutte. Il déplore que les mesures adéquates contre cette dégradation côtière n’aient pas été jusqu’ici prises, et s’appuyant sur un rapport de l’Adaptation Fund Board (2010), s’alarme que d’ici 2050 plusieurs des 21 plages érodées auront disparu, s’il n’y a pas d’intervention.
« Le ministère de l’Environnement doit avoir le rôle principal dans la lutte contre l’érosion côtière. Il doit avoir une vision à long terme, avec des objectifs précis en termes de budget et de résultats », écrit le Directeur de l’Audit dans un rapport d’une trentaine de pages. Intitulé « Government Response to Mitigate Beach Erosion », il évalue les mesures prises jusqu’ici par le gouvernement pour combattre l’érosion côtière à Maurice.
Le Directeur de l’Audit précise par ailleurs que cette « vision » du ministère de l’Environnement doit être partagée par tous ceux concernés par ce problème de la dégradation grandissante de nos plages. « Le rôle et la responsabilité de chacun des stakeholders doivent être clairement définis au sein de l’Intergrated Coastal Zone Management (ICZM) Committee », ajoute le rapport. L’ICZM Committee, à travers la ICZM Unit du ministère, a la responsabilité de la gestion des zones côtières du pays.
« Le ministère de l’Environnement doit être l’organisme central qui gère les fonds et élabore les objectifs pour les autres stakeholders concernant l’érosion côtière. Le ministère doit également être responsable pour décaisser les ressources financières aux stakeholders engagés dans la lutte contre l’érosion côtière. Les stakeholders devraient ainsi en répondre à ce ministère. Ce dernier doit par conséquent mettre sur pied un mécanisme de suivi pour s’assurer que les mesures décidées sont appliquées et que les objectifs sont atteints », dit le rapport.
Le rapport de l’Audit estime d’autre part que le ministère doit jouer « un rôle actif » dans la gestion du système d’information relatif à l’érosion côtière. « L’ICZM Unit et l’ICZM Committee doivent jouer leur rôle comme point focal de coordination pour la réception et l’émission d’informations relatives à nos zones côtières », précise le Directeur de l’Audit.
Ainsi, poursuit le rapport, les photos aériennes prises, la vitesse de la dégradation des récifs coralliens et d’autres données appropriées doivent être « activement utilisées » pour comprendre le problème de l’érosion côtière. « Cela permettra ainsi au ministère de l’Environnement d’être plus à jour de l’évolution de nos plages et de pouvoir prendre des mesures opportunes ».
Pour le rapport, en outre, « davantage d’accent doit être mis au plus vite sur les mesures de préservation des coraux vivants et des plages en danger car nos plages sont des atouts inestimables pour notre industrie touristique et l’économie de Maurice ».
Citant un rapport de l’Adaptation Fund Board (2010), le Directeur de l’Audit s’alarme que « d’ici 2050 plusieurs des 21 plages érodées auront disparu, s’il n’y a pas d’intervention ».
Considérant par ailleurs la dynamique des plages et les effets du changement climatique, le rapport préconise un suivi régulier de ces plages. Il propose même la fermeture temporaire de certaines plages affectées pour pouvoir effectuer des travaux de réhabilitation. Il soutient cependant que les travaux d’entretien des plages doivent être laissés à la Beach Authority.
Auparavant, dans une analyse circonstanciée du problème de l’érosion côtière à Maurice, le Directeur de l’Audit déplore que les mesures adéquates contre cette dégradation alarmante de nos côtes n’aient pas été prises jusqu’ici. « Excepté quelques directives émises, les mesures prises jusqu’ici pour lutter contre les causes de l’érosion côtières (un problème contrôlable) ont été très minimales et lentes. Le problème de coordination avec les stakeholders couplé à ces mesures de prévention, d’expertise et d’entretien inadéquats n’offre aucune solution à ce problème de dégradation de nos côtes », s’inquiète-t-il.