L’érosion côtière est un problème majeur que connaît le pays depuis de nombreuses années. Des facteurs environnementaux contribuent à empirer la situation, mais le facteur humain n’est pas à négliger. Les mesures qui seront prises dans les années à venir détermineront la pérennité de nos côtes.
Dans cinquante à cent ans, les plages risquent de n’être que de lointains souvenirs à Maurice. Tout risque d’aller à la mer. C’est ce qu’avaient démontré des analyses effectuées par le projet Acclimate (adaptation au changement climatique) de la COI en 2013. Cette disparition correspondra à une fourchette de 100 à 321 km du littoral.
Les résultats de ces analyses, entreprises entre 2008 et 2012, montraient que dans la région de Flic en Flac et de Wolmar par exemple, un recul de 15 mètres de la ligne de végétation a été noté entre 1967 et 1997, soit environ 30,000 m3 de sable perdu. De même, dans les régions de Trou aux Biches, Mont Choisy, Grand-Baie et Pointe aux Sables, un recul de 10 mètres de la plage avait été observé au cours de la dernière décennie. Ce problème, qui perdure depuis de nombreuses années maintenant, doit absolument être résolu pour que les Mauriciens puissent continuer à profiter de ces espaces très fréquentés mais aussi pour que l’industrie touristique et économique ne connaisse pas un rude coup.
L’érosion côtière est un phénomène global qui affecte beaucoup de parties du monde. Elle est liée aux changements hydrodynamiques. “D’une façon imagée, l’érosion se produit quand un grain de sable qui se déplace naturellement dans une direction n’est pas remplacé par un autre grain de sable, et il se crée alors un déficit sédimentaire”, explique Vassen Kauppaymuthoo, océanographe et ingénieur en environnement.
Ces conditions naturelles ne sont pas les seules causes de l’érosion côtière. “Les cycles saisonniers où les plages érodées pendant de longues années retrouvent leur sable, par exemple au moment des grands cyclones qui passent près de notre île, et la forme de nos plages qui est loin d’être statique, comme nous le percevons avec nos yeux d’humains. Mais il est certain aujourd’hui que le changement climatique joue un rôle majeur, avec la remontée du niveau moyen des mers liée au réchauffement des masses d’eau océaniques et à la fonte des glaciers”, poursuit l’océanographe. Les constructions sur le littoral ainsi que certaines activités côtières ne font rien pour arranger les choses.