A Trou-aux-Biches, a certains endroits, la plage est pratiquement inexistante

L’érosion côtière n’est pas un problème inconnu des instances de décision mauriciennes. Depuis plusieurs années déjà, bon nombre d’appels ont été lancés au gouvernement pour avertir de ce mal qui ronge continuellement nos côtes. Pourtant le problème perdure, notamment à Mon-Choisy, Bain-Boeuf et Trou-aux-Biches.

Les intempéries de ces derniers jours ont accentué le phénomène. Sur la plage de Mon-Choisy, l’érosion a pris des proportions démesurées. Les vagues qui déferlent contre la plage assaillent constamment le sable et creusent d’énormes trous laissant au grand jour les racines des arbres. La plage se rétrécit progressivement au grand dam des Mauriciens et des touristes.

L’érosion progresse à Mon-Choisy. Des racines d’arbres visibles et des crevasses résultant de l’érosion

Du côté de Trou-aux-Biches, la plage n’existe pratiquement plus en certains points stratégiques. Devant certains bungalows, les passages sont obstrués par l’eau ayant pris le dessus. À Bain-Boeuf, quelques années de cela, la plage avait été recouverte de sable artificiel, comme pour l’embellir. Au fil du temps, l’esthétique des travaux a fait sourciller plus d’un. Le revers de la médaille : l’eau du lagon n’a plus la même texture. On y retrouve une forte accumulation d’algues et le sable a fini par se faire emporter par les vagues, laissant à découvert ces matelas de sable aménagés à des fins d’ensablement de cette plage.

Si l’érosion est un phénomène naturel, il n’en demeure pas moins que l’activité humaine a sa part de responsabilité. Tel est le constat de Vassen Kauppaymoothoo, océanographe et expert en environnement il y a quelque temps de cela. Il avait été sollicité pour une étude par des riverains de Trou-aux-Biches, préoccupés par cette situation, qui devrait davantage alerter les autorités locales.