Dans plusieurs zones du littoral, les dégâts provoqués par l’érosion des plages sont de plus en plus visibles. À La Preneuse, c’est un pan de l’histoire qui se retrouve à l’eau.
À La Preneuse, l’un des deux fiers canons qui défiaient l’horizon depuis des âges a posé un genou à terre. Il a été vaincu par un ennemi inattendu devant lequel le pays semble désarmé. Les assauts lancés par la houle et la montée des eaux ont érodé la base de cette trace de l’histoire, qui se retrouve dans la mer. C’est là qu’il affronte désormais les vagues.
Sur la coquette plage de La Preneuse, les dégâts occasionnés par l’érosion des plages inquiètent sérieusement. Outre ce canon qui se retrouve dans la mer, ce sont tous les travaux d’embellissement, entrepris il y a quelques années, qui se retrouvent à l’eau. C’est ainsi que la chaîne qui encerclait l’ancre montée sur un socle au milieu de la plage s’est affaissée. Ses supports en béton ont cédé avec la montée des eaux.
Ces dernières semaines, presque toute la plage publique a été emportée. Les vagues se rapprochent de plus en plus. Les racines des premiers filaos sont déjà à l’air. Au rythme où vont les choses, La Preneuse finira par perdre complètement ses attraits. Site de détente très fréquenté, cette plage conserve également une partie de l’histoire de Maurice, avec ce système de défense installé par les Anglais aux alentours de 1834. D’ailleurs, la Tour Martello de La Preneuse a été convertie en musée, il y a 14 ans.
La chute du canon de La Preneuse est un signal fort envoyé à l’ensemble du pays sur le danger que représente l’érosion des plages. Un de plus, puisque dans plusieurs autres endroits, on note des dégâts importants au niveau du littoral. Conséquence de la montée des eaux et d’autres problèmes ayant provoqué un déséquilibre au niveau de la mer, l’érosion des plages mauriciennes emportera avec elle d’autres trésors…