La lutte anti-blanchiment et le financement du terrorisme en Afrique font actuellement l’objet de discussions au centre de conférence de Grand-Baie où sont réunies des délégations de techniciens des 15 pays membres de l’Eastern and Southern Africa Anti-Money Laundering Group (ESAAMLG), l’organisation régionale calquée sur le Groupement d’Action Financière Internationale (GAFI). Cette réunion technique précède la tenue, à partir de ce lundi, de la 22e rencontre de la Task Force of Senior Officials de l’ESAAMLG qui elle-même servira de préparation à la 11e réunion du conseil ministériel de l’organisation prévue pour jeudi prochain.
L’un des faits majeurs de ces multiples sessions de travail de l’ESAAMLG sera l’accession de Maurice tant à la présidence du conseil ministériel qu’à celle de la Task Force of Senior Officials. Le ministre des Finances et du Développement Économique, Xavier-Luc Duval, qui procédera à l’ouverture officielle de la rencontre ministérielle, sera appelé à prendre la présidence du conseil pour la nouvelle année. Pour ce qui est de la Task Force, la présidence des travaux sera confiée à Dev Bikoo, le directeur de la Financial Intelligence Unit (FIU) de Maurice. Organisées par le ministère des Finances, ces sessions de travail de l’ESAAMLG devraient réunir plus de deux cents délégués. On laissait entendre dans les milieux officiels que le nouveau président du GAFI, l’Italien Giancarlo Del Bufalo, pourrait participer aux travaux du conseil ministériel. Il a occupé des postes de hautes responsabilités au sein du ministère de l’Économie et des Finances de l’Italie dont celui de secrétaire général du Euro Committee institué pour coordonner les activités avant l’introduction de la monnaie unique dans le pays.
Le GAFI a élaboré les normes internationales concernant la lutte anti-blanchiment et contre le financement d’activités liées au terrorisme, normes que les pays membres de l’ESAAMLG s’efforcent d’appliquer. La réunion de Grand-Baie, en particulier celle des hauts officiels, a pour objectif de permettre aux représentants des pays concernés de se pencher sur les progrès réalisés dans l’application des normes du GAFI dans les pays suivants : Botswana, Malawi, Maurice, Namibie, Ouganda, Seychelles, Tanzanie, Zambie et Zimbabwe. La Task Force discutera également des rapports concernant l’évaluation mutuelle de trois pays : Comores, Kenya et Lesotho. Les réunions techniques permettent de faire la lumière sur les tendances concernant le problème de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme en Afrique orientale et australe. Elles servent aussi à la préparation des documents à être soumis à l’approbation du conseil ministériel. Lors de sa session à Grand-Baie, la Task Force statuera sur la demande d’adhésion de quatre autres pays à l’ESAAMLG : l’Angola, le Burundi, la République Démocratique du Congo et le Rwanda.
Les milieux officiels soutiennent que la FIU de Maurice est devenue une référence en Afrique eu égard à son système de fonctionnement, ses analyses et sa volonté déclarée d’aider d’autres pays du continent africain à mettre en place leurs propres FIU ou cellules de renseignement financier. La FIU de Maurice a, depuis 2003, été constamment élue comme représentant du continent africain au sein du comité de direction du Groupe Egmont, l’organisation internationale regroupant les FIU de plus d’une centaine de pays. Maurice gardera la représentation du continent africain jusqu’à 2013 avant de passer le relais à l’Afrique du Sud. Le continent africain compte à ce jour 10 FIU membres du Groupe Egmont dont trois (Afrique du Sud, Malawi et Maurice) viennent de la sous-région de l’ESAAMLG.
Par ailleurs, il a été convenu lors d’une réunion de l’ESAAMLG tenue en avril dernier en Zambie qu’un FIU Forum sera lancé pendant la rencontre de Grand-Baie. Prévu pour mercredi prochain, ce lancement sera marqué par l’accession de Maurice à la présidence du FIU Forum avec l’Afrique du Sud à la vice-présidence. Le FIU Forum a pour responsabilités d’aider les FIU des pays de l’ESAAMLG à se développer afin qu’elles puissent se joindre le plus rapidement possible au Groupe Egmont. Il doit aussi apporter sa contribution dans l’analyse des tendances concernant le blanchiment dans la sous-région.