Nous terminerons cette brève escale romaine par un survol sélectif du bâtiment le plus visité de la capitale italienne : la basilique St-Pierre. Un survol sélectif, parce qu’il faudrait des semaines et des mois pour pouvoir apprécier à sa juste valeur l’architecture du bâtiment et les multiples trésors qu’il contient en termes de décoration.
 
La basilique Saint-Pierre est le plus important édifice religieux du catholicisme. « Bien que le Nouveau Testament ne mentionne pas la présence de l’apôtre Pierre, premier chef de l’église chrétienne à Rome ou son martyre dans cette ville, la tradition catholique indique que son tombeau est situé sous le maître autel, au centre de la basilique. » Un des monuments les plus visités au monde, la basilique est considérée comme étant la plus grande conception architecturale de son temps et est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO. A l’origine, le site abritait des villas, puis un cirque, propriété des empereurs Caligula et Néron. Ce dernier y fit martyriser beaucoup des premiers chrétiens. Parmi ces martyrs figuraient, selon la légende, l’apôtre Pierre. Il aurait été vers 65 AC, crucifié « la tête en bas par humilité, car il ne se jugeait pas digne de mourir comme le Christ ». L’Évangile de saint Mathieu révèle que le Christ avait dit à l’apôtre : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon église. » En 326, Constantin Ier, premier empereur romain à se convertir au catholicisme, décide de faire détruire le cirque pour y faire construire une basilique. Elle sera profanée lors du pillage de Rome en 846, puis tombe à l’abandon quand les papes quittent Rome pour s’installer à Avignon, au début du XIVe siècle. C’est après le retour de la papauté à Rome, au début du XVe siècle, que la possibilité de rénover ou de reconstruire la basilique de Constantin Ier commença a être évoquée. Elle fut concrétisée au début du XVIe siècle, quand le pape Jules II décida de faire démolir l’ancien édifice pour faire construire « un bâtiment plus vaste et plus moderne, plus à même de remplir les fonctions d’une basilique pontificale ». La construction commença en 1506 et donna lieu à un concours d’architectes, auquel prirent part un grand nombre d’artistes qui se succédèrent pendant environ 120 ans et pendant le règne de 20 papes. Parmi les principaux artistes qui participèrent à la construction de la basilique, il faut mentionner Donato Bramante, Rafael, Baldassare Perruzi et finalement Michel-Ange, considéré comme le principal auteur des bâtiments tels qu’ils se présentent aujourd’hui et comme l’architecte grâce à qui le projet fut achevé. Michel-Ange reprit le chantier à la fin de sa vie et contre son gré. Il hérita des nombreux projets conçus par les plus brillants architectes et ingénieurs de l’époque et commença la réalisation du dôme et sa magnifique coupole. Après la mort de Michel-Ange, en 1564, ses plans furent scrupuleusement respectés par ses assistants puis par les architectes et ingénieurs qui devaient prendre la relève de ce chantier. C’est sous la direction de Carlos Maderno que les travaux furent achevés, avec des modifications. Les dimensions extérieures de la basilique sont de 219 m de long pour 136 m de haut, et ses dimensions intérieures de 188 m de long, pour 154,60 m de large et 119 m de haut. La basilique fut consacrée par le pape Urbain VIII le 18 novembre 1626 et elle est depuis, considérée, à raison, comme un des trésors du patrimoine de l’humanité témoignant du génie de l’Homme. Un monument qu’il faut absolument aller visiter pour celui qui a la chance de se rendre à Rome.