L’année 2011 à la Commission Justice et Vérité aura été pour une large part consacrée à la rédaction du rapport, qui est venu conclure deux ans de dépositions, de séances de travail et de travaux de recherche. Remis à la présidence de la République le 25 novembre dernier, ce volumineux document a d’ores et déjà suscité diverses réactions souvent positives sur les aspects culturels et historiques, moins sur les questions de compensation, de pardon et d’économie. Il a fait l’objet d’une PNQ et sera examiné par un comité interministériel. En matière de réparation, tout commencera donc en 2012.
La Commission Justice et Vérité a conclu ses travaux en fin d’année, mettant ainsi un terme à la première étape d’une expérience de justice restaurative jamais initiée à Maurice, et aussi jamais initiée auparavant à travers le monde sur des questions aussi éloignées dans le temps que celles de l’esclavage, de la traite et de l’engagisme. Plusieurs pays comme l’Afrique du Sud, les îles Salomon, le Ghana, le Liberia ont dans le passé mis en place des commissions de ce type, la plus célèbre étant celle d’Afrique du Sud, la Commission Vérité et Réconciliation créée en 1995 sur l’apartheid. Mais toutes ont porté sur des périodes récentes, ce qui a permis de faire témoigner des victimes ou des bourreaux directs, et non pas leurs lointains descendants comme c’est le cas à Maurice. De ce fait, les acteurs de toute entreprise de réparation et de réconciliation étaient plus faciles à identifier dans ces pays.
Pour le caractère unique de son domaine d’investigation, le rapport mauricien était particulièrement attendu, certes par ceux qui comme les Verts fraternels ont milité pour sa mise en oeuvre dans l’attente d’une compensation, mais aussi de plus loin par les pays qui ont connu une histoire comparable à la nôtre. Au terme de deux ans de travaux, 2 800 pages, quatre volumes de texte et deux DVD comprenant des films ont été adressés au président de la République sir Anerood Jugnauth le 25 novembre dernier. Le 28 novembre, le rapport était déposé au parlement. Il a fait la matière et l’intérêt de la PNQ du 7 décembre. Quelques jours après, le vice-Premier ministre et ministre des Finances Xavier-Luc Duval a été désigné pour présider le comité interministériel qui examinera le contenu de ce rapport ainsi que la mise en oeuvre de ses recommandations.