La Commission Justice et Vérité s’attelle actuellement à la rédaction du rapport dans le cadre de ses travaux sur les séquelles de l’esclavage à Maurice.
Ce document, qui sera complété à la fin du mois, sera remis en novembre au président de la République Anerood Jugnauth. « Nous avons couvert toutes les thématiques autour de l’esclavage », a déclaré au Mauricien Benjamin Mootoo, historien et commissaire de la CJV.
« Nous sommes désormais à l’étape du drafting du rapport. Nous avons couvert plusieurs thématiques liées à l’esclavage sur une base professionnelle et scientifique et selon les terms of reference de la commission », explique Benjamin Mootoo. L’historien avance que les travaux de la CJV ont aussi bénéficié du soutien de plusieurs organisations internationales de renom.
« Nos recherches sur l’esclavage, les immigrants indiens, les gens de couleur et ceux qui ont été dépossédés ont fait l’objet d’un travail très élaboré, qui sera présenté en plusieurs volets », précise le commissaire de la CJV. Il confirme d’ailleurs que la rédaction du rapport sera complétée à la fin du mois et que le document final sera soumis en novembre au président de la République, sir Anerood Jugnauth. M. Mootoo annonce aussi qu’une partie du document a déjà été envoyée à l’imprimerie.
Les premières auditions de la CJV ont débuté en mai 2009. La dernière a eu lieu le 8 septembre. Plusieurs personnes, parmi les 300 qui y ont déposé, ont fait état de diverses séquelles de l’esclavage dans la société mauricienne.
La commission disposait d’une période de 27 mois pour soumettre son rapport, mais elle a dû demander une extension de trois mois. La rédaction du rapport, qui est la deuxième phase de ses travaux, comprend un travail de recherche et de consultation parmi les membres en vue de présenter les recommandations jugées nécessaires. Ces recommandations pourront être financières, symboliques ou autres, et il appartiendra au gouvernement de prendre la décision finale.
Le Truth and Justice Bill sur l’institution d’une commission pour évaluer les conséquences de l’esclavage et de l’engagisme à Maurice, de la période coloniale à ce jour, a été adopté au Parlement en avril 2009. Le but du texte de loi est de faire une analyse approfondie sur l’esclavage et l’engagisme dans l’île. Au fil des années, de nombreux documents et recherches publiés par des universitaires et des historiens ont permis de connaître l’histoire de l’esclavage à Maurice. Mais c’est la première fois que l’État jette tout son poids dans un exercice visant à lever le voile sur les parties les plus sombres de l’histoire de Maurice.