Dans le domaine musical, c’est la période des nouveautés, et Harold Montagnard se présente pile à l’heure. Un troisième album autoproduit par cet artiste dont l’entêtement à faire vivre sa musique est à saluer.
Un troisième album pour Harold Montagnard, mais c’est surtout la détermination mise dans ce nouveau projet qui fait jeter un éclairage sur son auteur. Cette autoproduction a coûté deux ans à l’artiste qui, malgré des moyens financiers et techniques limités, a persisté à “ramas sou par sou” pour arriver jusqu’au CD qu’il lance à quelques jours de Pâques.
Étapes.
“Si je m’étais tourné vers un producteur, il m’aurait réclamé une somme si exorbitante que j’aurais laissé tomber. J’ai donc choisi de ne compter que sur moi et j’ai fait les choses à ma manière.” Le Rosehillien passionné de musique depuis l’enfance s’est essayé à la composition dans les années 80. Un passe-temps qu’il a finalement voulu exposer, d’où le premier album lancé en l’an 2000. Le deuxième a suivi en 2005. Harold Montagnard a su alors que rien ne l’arrêterait dans sa carrière de chanteur.
“Je n’ai pas de grands moyens à ma disposition. Quand je travaille, c’est pour manger et pour nourrir ma famille. Mais je me suis arrangé pour faire les sacrifices nécessaires afin de ne pas laisser tomber ma musique.” L’habitant de Plaisance a installé un studio dans sa maison et a fait appel à ses proches pour l’aider sur son nouvel album. On y retrouve Jean-Clency Montagnard, Jean-Marie, Razoana et Kersley.
Sega mo lavi.
Rien n’aurait pu l’arrêter dans ses projets. Obstiné, l’homme est avant tout passionné. “Sega se mo lavi. Samem mo nouritir”, s’exclame-t-il. Comme il l’avait fait les deux fois précédentes, Harold Montagnard s’est occupé des textes et de la musique avant de passer devant le micro. Derrière chaque histoire chantée, un souvenir, une anecdote ou un visage qui l’aura marqué à un moment ou à un autre.
Le titre éponyme lui a été inspiré par l’abolition de l’esclavage. Il rend également hommage à sa mère qui, dit-il, était toujours de bon conseil, “mais nous mettions souvent de côté ce qu’elle nous disait de bon”. Il parle aussi de cette pauvreté qui affecte des enfants mauriciens, en se souvenant des durs moments qu’il a lui-même connus : “Sa lepok la, pa ti ena kas pou manze, ni pou ledikasion.” Nostalgie, humour et amour habillent l’album. Ses autres titres sont : Roseline mo voisine, Ti Louis, Plonzer et Saint Valentin.
Tout cela, l’artiste le raconte dans une ambiance festive. Nous voilà plongés dans ce séga authentique créé pour plaire et pour être apprécié dans une ambiance de fête. Chemise à fleurs et pantalon en coton coloré, Harold Montagnard prend fièrement la pause pour la pochette de son nouvel album, heureux d’avoir réussi un nouvel exploit.