C’est ce mercredi que le Français Jonathan Simon Sicard et son épouse Carine Sicard Callejo, les anciens patrons de la société Callejo-transports près de Toulouse, seront interrogés dans les locaux du Central Criminal Investigation Department (CCID) en présence de leur avocat, Me Yahia Nazroo. Le couple Sicard, qui fait l’objet de deux mandats d’arrêt européens émis par la juge d’instruction Ethel Larrieu, devra s’expliquer sur les allégations d’une fraude de 10 M euros (Rs 400 M) au sein de leur propre entreprise en revendant des camions à crédit-bail.
Jonathan et Carine Sicard tenteront de convaincre les hommes de l’assistant commissaire de police (ACP) Devanand Reekoye de leur bonne foi afin d’éviter une extradition vers la France. Une source proche du dossier avance que le dernier mot reviendra au bureau de l’Attorney General vu que les deux suspects ont été appréhendés dans le cadre de la Legal Mutual Assistance pour lutter contre les crimes en col blanc.
C’est en avril 2015 que le couple Sicard et ses deux enfants se sont volatilisés, laissant à leur sort la société Callejo-transports, placée en redressement judiciaire, et ses 230 employés. Ayant appris qu’ils se sont établis à Case Noyale à Maurice, les autorités françaises, par le biais d’Interpol, ont sollicité l’assistance mauricienne. Un juge d’instruction a fait le déplacement chez nous avec un mandat spécifique qu’il a remis à la police. Jonathan Sicard et son épouse ont été appréhendés mardi matin à leur domicile et conduits au bureau du CCID. Ils ont été présentés au tribunal de Port-Louis et placés en détention en attendant leur interrogatoire. Il n’est pas à écarter que les institutions mauriciennes travaillent en collaboration avec leurs homologues français pour retracer les 10 M euros qu’aurait détournés le couple. Pour pouvoir s’établir à Maurice, ils se sont présentés comme des investisseurs. Ils ont d’ailleurs ouvert une compagnie spécialisée dans les drones. Entre-temps, leur société Callejo-transports a été rachetée par le groupe toulousain Jimenez transports, sauvant du coup l’emploi de 156 salariés sur 230.