L’énigme des Rs 4,2 millions, représentant de l’argent en liquide et également des bijoux saisis lors d’un raid de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) dans un des appartements de La Tour-Koenig a été élucidée. Jusqu’à tout récemment, le principal suspect, le bouncer Stépha Tossé assurant la sécurité de Sanjeev Lutchmun, un des cerveaux derrière le Ponzi Scheme géré par Whitedot International Consultancy Co Ltd, avait tenté d’accréditer la thèse que l’argent saisi serait un héritage de ses proches et que les bijoux avaient été ramassés sur la plage de Pointe-aux-Sables. Il a changé de version et est passé aux aveux lors de son interrogatoire au QG du Central CID.
La conséquence directe de ces aveux est que la soeur de Sanjeev Lutchmun, Sunita Lutchmun, qui est également présentée comme étant très proche de Stépha Tossé, a été appréhendé hier après-midi. Ce matin, cette 72e suspecte devait comparaître devant le tribunal de Port-Louis pour une double inculpation provisoire de blanchiment de fonds et pour entente délictueuse dans la gestion illicite de fonds sans l’autorisation des autorités compétentes.
Sur la base des informations communiquées dernièrement aux limiers du Central CID, Sunita Lutchmun a été placée en garde à vue et confrontée aux premiers détails de la déposition de Stépha Tossé, entendu Under warning en présence de son homme de loi, Me Assad Peeroo. Ce dernier a catégoriquement incriminé la soeur de Sanjeev Lutchmun dans la découverte de ce magot de Rs 4,2 millions, retrouvé dans un appartement.
Sunita Lutchmun, qui a été formellement identifiée hier après-midi par le bouncer comme étant la personne qui lui avait confié cette importante somme d’argent et les bijoux, doit être de nouveau entendue à partir de cet après-midi. Avec cette nouvelle arrestation, le Central CID se dit confiant de pouvoir remonter une partie de la filière de Whitedot International Consultancy Co Ltd et également de recouvrer une partie des investissements placés par les clients arnaqués.
À ce jour, les tentatives des autorités, soit le Central CID et l’Office of Asset Recovery sous la supervision du DPP, en vue de récupérer les montants investis de l’ordre de Rs 800 millions n’ont pas donné les résultats escomptés. Seule une infime partie a pu être « accounted for ». D’ailleurs, une récente initiative, avec l’accès au Vault au nom d’Arun Mossuddee de Whitedot International Consultancy Ltd à la succursale de la State Bank of Mauritius de Vacoas, est restée sans effet car le coffre-fort était vide. Le Central CID compte sur l’interrogatoire de Sunita Lutchmun, ciblée depuis le début de ce scandale à la fin de mars dernier, pour percer tout le mystère derrière la gestion des fonds recueillis par Whitedot International avec probablement d’autres arrestations dans le collimateur.
Entre-temps, les quelque 2 000 victimes des arnaques financières de Whitedot International Consultancy Ltd à Sunkai Co Ltd de Bimla Ramloll, alias Mme Kaba, en passant par Je T’Aime Marketing de Marjorie Bazerque, sont toujours dans le flou quant aux chances de retrouver leurs placements. Ces victimes, qui ont consigné des dépositions au Central CID aussi bien qu’au Special Desk de la Banque de Maurice, sont sans aucune indication officielle quant à l’évolution de l’enquête en cours. D’autre part, les démarches envisagées par l’Office of Asset Recovery en vue d’obtenir des Court Orders pour la vente des avoirs saisis, sous forme de biens immobiliers ou de bateau de plaisance en vue d’effectuer des remboursements, prendraient plus de temps que prévu initialement.
Une première série de ventes à l’encan avait initialement été programmée pour ce mois-ci sous la responsabilité du Customs Department de la Mauritius Revenue Authority. Mais les procédures formelles prévues n’ont pas abouti selon le calendrier prévu. Au DPP’s Office, on maintient que les dispositions de l’Asset Recovery Act seront appliquées dans toute leur rigueur par rapport aux responsables des Ponzi Schemes.