La Rodriguaise Anne-Jelina Bégué est entrée dans l’histoire en devenant vice-championne du monde de boxe française-savate des -52 kg. Malgré sa détermination, elle n’a malheureusement pu vaincre la Japonaise Mariko Hara en finale disputée le 11 février 2012 au Palestra Communale de Gênes en Italie.
Anne-Jelina Bégué peut se targuer d’avoir fait rêver plus d’un au cours de sa participation aux Mondiaux. Une chose est certaine, elle n’a pas usurpé sa place en finale. La tireuse de Batatran, discrète de nature mais possédant une force de frappe remarquable sur le ring, avait débuté les championnats du monde en fanfare en évinçant d’entrée une Italienne dans sa poule en juin 2011.
« J’étais très motivée. Je me suis dit que j’avais la possibilité d’aller loin dans cette compétition. J’étais confiante et mon entourage me soutenait dans ma quête pour le titre suprême », souligne l’athlète de 22 ans, qui a pratiqué auparavant le football, le handball et l’athlétisme avant de se consacrer depuis bientôt quatre ans à la boxe française-savatte.
Lors de son deuxième combat, elle s’est fait battre par une Croate. Mais face à la Canadienne Lydie Couture, Anne-Jelina Bégué n’a point commis d’erreur afin de poursuivre l’aventure mondiale et se rapprocher de son objectif. Avec deux victoires et une défaite, la Rodriguaise termine à la première place de sa poule. « C’était déjà quelque chose le fait d’émerger de la phase de poule. La compétition devenait alors plus dure », précise-t-elle.
Qualifiée pour les demi-finales, Anne-Jelina Bégué a eu pour adversaire la Serbe Djendji Fleis. Épuisée certes, la Rodriguaise a trouvé les ressources nécessaires pour faire la différence et décrocher sa qualification pour la finale. Une performance sans précédant réalisée par une athlète locale dans la discipline. Il ne restait alors qu’une marche à gravir pour décrocher le sacre mondial dans quelques mois. Mais face à la Japonaise Mariko Hara, tenante du titre, Anne-Jelina Bégué savait qu’elle aurait affaire à forte partie.
Entre-temps, les négociations allaient bon train quand au pays qui abriterait la finale. Dans un premier temps, Maurice était censé l’accueillir en décembre dernier. Mais la finale a été reportée à février, et c’est à Gênes qu’a finalement eu lieu cet ultime combat.
Un peu déçue de cette longue attente, Anne-Jelina Bégué ne s’est pas découragée pour autant puisqu’elle a continué à s’entraîner durement, soit douze fois par semaine à Grande-Montagne sous la férule de Jean-François Roussety. « J’aurais préféré que la finale se tienne à Maurice où j’aurais bénéficié du support de tout un pays et serais partie avec un avantage psychologique. J’ai tout donné durant le combat qui fut sans relâche », se rappelle la sportive de Grande-Montagne.
Mais lors du quatrième et dernier round, l’arbitre arrêta le combat puisqu’Anne-Jelina Bégué était comptée pour la quatrième fois. Découragée par cette défaite ? « Non », dit-elle, « je suis toujours motivée et j’ai déjà en point de mire les championnats du monde l’année prochaine. » Depuis la finale mondiale perdue face à la Japonaise Hara, Anne-Jelina Bégué a disputé sa première compétition le 10 novembre dernier à La Réunion où elle a pris la mesure d’un espoir français.
Toujours sans emploi, elle continue à s’entraîner tout en espérant que les caciques du sport local s’intéresseront à son cas afin de lui permettre de trouver un travail.